QUELLE ESSENCE D’ARBRE SEQUESTRE LE MIEUX LE CARBONE ?
45 jours d’articles pour annoncer juin 2026 / EPISODE 19
Face à l’urgence climatique, les arbres apparaissent comme des alliés incontournables dans la lutte contre le réchauffement de la planète. Grâce à la photosynthèse, ils absorbent le dioxyde de carbone (CO₂) présent dans l’atmosphère et le stockent dans leur tronc, leurs branches, leurs racines et les sols forestiers. Mais toutes les essences ne capturent pas le carbone avec la même efficacité. Alors, quels arbres séquestrent réellement le plus de carbone ?

La capacité de stockage dépend de plusieurs facteurs
Contrairement à une idée répandue, il n’existe pas une seule essence « championne absolue ». La séquestration du carbone dépend principalement de la vitesse de croissance de l’arbre ; de sa densité de bois ; de sa longévité ; du climat et du type de sol ainsi que de la gestion forestière.
Les arbres à croissance rapide absorbent davantage de CO₂ durant leurs premières années, tandis que les espèces à bois dense stockent le carbone plus longtemps.
Les eucalyptus : des géants de la croissance rapide
Les différentes espèces d’Eucalyptus figurent parmi les arbres les plus performants en matière de séquestration carbone. Leur croissance extrêmement rapide leur permet de capter de grandes quantités de CO₂ en peu de temps. Des études menées sur les plantations d’eucalyptus montrent une forte accumulation de biomasse et un important potentiel de stockage carbone. Lire le document : https://eplusmedia.tg/wp-content/uploads/2026/05/Etudes-surlEucalyptus-Madagascar.pdf
Très utilisés dans les programmes de reboisement industriel, les eucalyptus présentent toutefois certaines limites : ils consomment beaucoup d’eau et peuvent appauvrir les sols lorsqu’ils sont plantés en monoculture.
Les acacias : efficaces et adaptés aux zones tropicales
Les espèces du genre Acacia auriculiformis et Acacia mangium sont également reconnues pour leurs capacités de séquestration, particulièrement en Afrique tropicale. Leur croissance rapide, combinée à leur capacité à enrichir les sols en azote, en fait des essences prisées dans les projets agroforestiers.
Au Bénin comme en République démocratique du Congo, plusieurs recherches montrent que ces arbres constituent de véritables réservoirs de carbone tout en offrant du bois-énergie et du bois d’œuvre aux populations locales.
Les grands arbres tropicaux : des stocks de carbone sur le long terme
Dans les écosystèmes naturels africains, certaines grandes essences locales stockent d’importantes quantités de carbone grâce à leur taille et à leur densité de bois. Au Togo, des études sur les parcs agroforestiers révèlent que des espèces comme Adansonia digitata (baobab), Borassus aethiopum, Khaya senegalensis et Vitellaria paradoxa (karité) possèdent un fort potentiel de stockage carbone. Lire le document : https://eplusmedia.tg/wp-content/uploads/2026/05/Typologie-des-parcs-agroforestiers-au-Togo-Tchaoudjo.pdf
Ces arbres poussent plus lentement que les eucalyptus, mais leur longévité et leur biomasse importante leur permettent de conserver le carbone pendant plusieurs décennies, voire plusieurs siècles.
La diversité forestière, une solution plus durable
De plus en plus de scientifiques estiment que les forêts diversifiées capturent davantage de carbone que les plantations d’une seule essence. Une étude relayée par des chercheurs et communautés écologiques indique que les forêts mixtes pourraient stocker jusqu’à 36 % de carbone supplémentaire comparativement aux monocultures. Lire sur : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/foret-puits-carbone-forets-mixtes-70-plus-efficaces-monocultures-109038/
Cette diversité améliore aussi la résistance des écosystèmes face aux sécheresses, aux maladies et aux incendies.
Au-delà des arbres, protéger les forêts existantes
Les experts rappellent enfin qu’il ne suffit pas seulement de planter des arbres. Préserver les forêts naturelles reste l’action la plus efficace pour maintenir les stocks de carbone déjà accumulés. Les vieux arbres et les sols forestiers représentent des réserves gigantesques qu’il est difficile de reconstituer rapidement après déforestation.
Au final, les essences à croissance rapide comme les eucalyptus et les acacias capturent rapidement du carbone, tandis que les grands arbres tropicaux assurent un stockage durable sur le long terme. Mais la véritable solution semble résider dans des forêts diversifiées, adaptées aux réalités écologiques locales et protégées durablement.
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