ANEHO : AGBO-ZEGUE ET SES PARTENAIRES VALIDENT DES GUIDES INNOVANTS POUR RENFORCER L’ELEVAGE DES HUITRES ET LE GROSSISSEMENT DES CRABES
Par Hervé Levert
Les acteurs de la filière huitres et crabes peuvent enfin se réjouir au Togo. Ils viennent de valider un guide qui leur servira de bâton de pèlerins pour le bonheur de ce secteur d’activité. Cette action rentre dans la valorisation durable des ressources halieutiques des écosystèmes de mangroves au Togo.


Réunis à Aného le jeudi 18 juin 2026, les bénéficiaires du projet, les Professeurs de l’Université de Lomé, les responsables du projet R4C-Togo, des techniciens et acteurs impliqués ont procédé à la validation de deux guides techniques consacrés au captage et à l’élevage des huîtres en pochons ainsi qu’au grossissement des crabes.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du sous-projet « Renforcement des capacités des groupes de jeunes et de femmes travaillant dans l’exploitation des crabes et des huîtres et appui à la gestion des tortues marines », mis en œuvre par l’ONG AGBOZEGUE avec l’appui du projet R4C-Togo et de la FAO.

Pour le directeur exécutif de l’ONG AGBOZEGUE, John GAGLO, ces documents représentent bien plus que de simples guides techniques.
« Nous avons validé aujourd’hui un guide pour le captage et l’élevage des huîtres ainsi qu’un guide pour le grossissement des crabes. Ces documents sont le fruit d’expériences développées avec les communautés vivant autour des écosystèmes de mangroves », a-t-il expliqué.
Selon lui, l’objectif est de proposer des alternatives durables face à la raréfaction progressive des ressources naturelles provoquée notamment par les effets du changement climatique et certaines pratiques destructrices antérieures.
« Autrefois, les collectrices d’huîtres coupaient les racines des palétuviers pour récolter les huîtres. Aujourd’hui, grâce aux pochons et aux coquilles utilisées comme supports de captage, nous pouvons produire sans dégrader les mangroves », a-t-il indiqué.
Pour les crabes également, les méthodes ont évolué. Les techniques consistant à brûler la végétation pour repérer les terriers ont laissé place à des systèmes de cages permettant leur élevage et leur grossissement dans des conditions plus respectueuses de l’environnement.
« Ces pratiques favorisent la régénération naturelle des mangroves et réduisent les pressions exercées sur les écosystèmes », a ajouté John GAGLO.

Présent à l’atelier de validation, le colonel Abalo Piwalinèbè, expert en gestion des ressources naturelles au sein du projet R4C-Togo, a rappelé que cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale de renforcement de la résilience des communautés côtières face aux changements climatiques.
« Les communautés du système lagunaire vivent en grande partie de l’exploitation des huîtres et des crabes. Avec les effets du changement climatique, ces espèces deviennent de plus en plus vulnérables. Si rien n’est fait, elles risquent de disparaître progressivement », a-t-il alerté.
Selon lui, les techniques développées par AGBO-ZEGUE constituent une réponse concrète à cette menace. Grâce à l’appui financier du projet R4C-Togo et à l’accompagnement de la FAO, plusieurs infrastructures et équipements ont déjà été mis à la disposition des coopératives locales pour expérimenter ces nouvelles méthodes de production.
« Ces guides serviront désormais de référence aux femmes et aux jeunes qui vivent de ces activités. Ils leur permettront d’améliorer leurs revenus tout en préservant les ressources naturelles dont dépend leur subsistance », a-t-il souligné.

Après la validation de ces documents, les acteurs du projet sont appelés à l’adoption de pratiques durables dans les communautés lagunaires du Togo. Cette démarche allie protection des mangroves, adaptation au changement climatique et amélioration des conditions de vie des populations riveraines.

