KEGUE ZOGBEDJI : DES PNEUS BRULES, UNE MENACE SILENCIEUSE POUR LA COUCHE D’OZONE ET LA SANTE PUBLIQUE

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À Kégué Zogbédji, un quartier périphérique de la capitale togolaise situé dans la commune Golfe 2 sur la route Lomé-Vogan, une pratique aussi discrète que destructrice met en péril la santé des habitants, l’environnement et même la couche d’ozone. La combustion illégale de pneus y est devenue un phénomène courant, laissant derrière elle un épais nuage noir de pollution et d’indignation.

Un geste banal, des conséquences graves

À première vue, il ne s’agit que de quelques flammes et d’un nuage de fumée. Mais en réalité, brûler des pneus est un acte extrêmement dangereux, tant pour l’homme que pour la planète. Les pneus, faits de caoutchouc naturel et synthétique, contiennent également des composants chimiques tels que la silice, le noir de carbone, les résines et le soufre. Lorsqu’ils brûlent, ces éléments libèrent des gaz toxiques dans l’air, notamment du monoxyde de carbone, des oxydes d’azote, des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) et des métaux lourds.

« Ces fumées sont invisiblement meurtrières. On les respire sans s’en rendre compte, et elles détruisent peu à peu notre santé et notre environnement », déplore un motocycliste qui demande l’anonymat.

L’espace où sont brûlés les pneus à Kégué Zogbédji

La santé des riverains en danger

Selon les recherches, les effets sanitaires sont très inquiétants : irritations oculaires et respiratoires, crises d’asthme, infections pulmonaires, sans compter le risque accru de cancers à long terme. Les enfants, les personnes âgées et les malades chroniques sont les plus vulnérables à ces émanations toxiques. Et comme si cela ne suffisait pas, les lieux de brûlage se trouvent à proximité du fleuve Zio, ce qui accentue les risques de contamination de l’eau et de la chaîne alimentaire.

Des poissons pêchés dans la zone seraient déjà affectés, selon des témoignages locaux, représentant un danger potentiel pour la consommation humaine.

Les revendeuses de poissons au bord du Zio

Une atteinte directe à l’environnement et à la couche d’ozone

Outre la santé publique, cette pratique a un impact direct sur l’environnement. La combustion de pneus pollue l’air, le sol et les eaux, compromettant les écosystèmes environnants et menaçant la biodiversité. Pire encore, les gaz émis participent à la destruction de la couche d’ozone, ce bouclier naturel qui protège la terre des rayons UV nocifs du soleil.

Un appel urgent à l’action à l’endroit de l’exécutif de Golfe 2

Alors que le Togo s’est engagé dans plusieurs initiatives internationales pour la protection de l’environnement et la réduction des gaz à effet de serre, la situation de Kégué Zogbédji fait figure d’alerte rouge. Bien que la situation puisse être constatée ailleurs aussi, c’est le cas de Zogbédji qui inquiète aujourd’hui.

Il devient impératif pour les autorités locales, le maire et son conseil, les services de l’environnement et les structures de gestion des déchets d’agir en sensibilisant les populations sur les dangers liés à la combustion des pneus, en renforçant les contrôles et émettre des sanctions contre cette pratique illégale et mettre en place des solutions durables de recyclage des pneus usagés.

Contacter, la Secrétaire Générale de l’association ANEDD-AFRIQUE, Evéline AMOUZOU s’est prononcée sur la situation : « Nous empruntons cette voie tous les jours. Les pneus sont brûlés les soirs et dès fois même le matin. Arriver à la hauteur du fleuve Zio, vous respirez difficilement. L’autre constat est que le Zio juste à côté est pollué alors que les poissons qui y sont pêchés sont vendus à côté et les gens en achètent. C’est très mauvais. Il y a souvent la présence des agents de la mairie en gilet sur cette voie pour arrêter les tricycles pas loin du lieu mais, nous nous demandons s’ils ne sont pas concernés par cette action suicidaire contre la planète. En fait, nous profitons pour interpeller le maire de Golfe 2 pour qu’une solution rapide soit trouvée. »

Le Zio

Brûler un pneu à Zogbédji, c’est intoxiquer son voisin, polluer le fleuve Zio et affaiblir la terre. À Kégué Zogbédji comme ailleurs, il est temps de dire non à la pollution silencieuse.

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