RDC : L’ACEDH EXIGE JUSTICE APRES L’ATTAQUE MEURTRIERE CONTRE DES ECOGARDES DU PARC DE L’UPEMBA

Par Magloire TSONGO (Kilalo Press)

Quelques jours après l’attaque meurtrière contre des agents de l’Institut Congolais pour la Conservation de la nature (ICCN), l’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH), une organisation basée au Nord-Kivu, appelle les autorités à diligenter rapidement des enquêtes et à organiser un procès public afin que les responsables soient identifiés et sanctionnés.

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Les faits remontent à la nuit du 3 mars 2026. Des hommes armés non identifiés ont attaqué le quartier général de Lusinga dans le Parc national de l’Upemba, dans le sud-est de la République démocratique du Congo. L’assaut a causé la mort de plusieurs agents du parc, ainsi que des disparitions et des dégâts matériels importants.

Selon un bilan encore provisoire, au moins sept membres du personnel ont été tués. Parmi eux figurent notamment Subira Bonhomme, chargé de programme, Blaise Kambale Bwachanakazi, agent financier, Jean-Paul Ngoy Mateta, responsable administratif, la vétérinaire Ruth Osodu, ainsi que deux écogardes et un motard attaché au parc.

Dans une lettre adressée au VPM de le la Défense nationale et des anciens combattants, l’ACEDH explique que les victimes  étaient « de véritables défenseurs de la nature ». L’organisation rappelle que leur mission consistait à protéger la biodiversité et les ressources naturelles à travers l’application de la loi, la sensibilisation et la surveillance du parc. Un engagement qui, selon elle, expose les acteurs de la conservation à des risques croissants.

Au même moment, l’organisation souligne que ces décès s’ajoutent à une longue liste de victimes dans le secteur de la conservation en RDC. Au cours des deux dernières décennies, plus de 200 agents de protection de la biodiversité auraient été tués dans différentes aires protégées, notamment dans le Parc national des Virunga ou le Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB).

Face à cette situation, l’ACEDH dénonce l’impunité persistante entourant ces crimes. L’organisation estime que l’absence d’enquêtes sérieuses et de poursuites judiciaires contribue à fragiliser les efforts de protection de l’environnement et ternit l’image du secteur de la conservation dans le pays.

Dans sa note de plaidoyer, l’ONG demande notamment l’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes, l’arrestation des auteurs et complices de l’attaque, ainsi que l’organisation d’un procès public et équitable. Elle plaide également pour des mesures renforcées de sécurité pour les agents travaillant dans les parcs et réserves. Enfin, l’ACEDH appelle les autorités congolaises à adopter une politique plus ambitieuse de protection des défenseurs de l’environnement. Selon elle, garantir la sécurité des écogardes et lutter contre l’impunité constituent des conditions essentielles pour préserver les aires protégées et soutenir l’ambition de faire de la RDC un « pays solution » dans la lutte contre le changement climatique.

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