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QUELLE EST LA PLACE DES MANGROVES DANS L’AMBITION DES 1 MILLIARD D’ARBRES A L’HORIZON 2030 AU TOGO ?

45 jours d’articles pour annoncer juin 2026 / EPISODE 38

Plusieurs questions notamment : Quel est le rôle des mangroves ? Ont-elles une importance au Togo ? Quelle est sa couverture au Togo ? Les gouvernants ont-ils d’yeux pour les mangroves ? Quelle est donc la place qu’occupent les mangroves dans l’ambition de 1 milliard d’arbres à l’horizon 2030 ?

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C’est la dernière question qui nous amène à s’interroger sur l’état de cet écosystème extraordinaire qui représente un meilleur système de purification de l’air dans le monde. L’écosystème fait la pluie et le beau temps dans le quotidien des riverains qui tirent de grandes richesses.

Dans le sud-est du Togo, là où les eaux du Mono rencontrent les lagunes, les mangroves dessinent un paysage à la fois fragile et vital. Longtemps silencieuses, elles racontent pourtant une histoire faite de pertes, mais aussi de reconquête. Et aujourd’hui les populations des préfectures de Vo et des Lacs peuvent se réjouir de la présence des mangroves sur leur territoire.

Un patrimoine naturel mis à rude épreuve

Il y a encore quelques décennies (1998 selon les études basées sur l’inventaire d’Afidegnon et al.), les mangroves togolaises s’étendaient sur près de 1 000 hectares. Selon d’autres informations à l’instar du Programme Marin et Côtier (MACO) de l’UICN (2023) et le quatrième rapport national sur la biodiversité du Togo indiquent qu’elles couvraient plus de 1000 ha. Ce chiffre est donc parfois cité comme une étendue supérieure dans le passé, jusqu’à 4 000 ha dans les années 1970 selon d’autres estimations.

Ces forêts dominées par les palétuviers, constituaient un refuge pour la biodiversité et un rempart naturel contre les aléas climatiques. Mais au fil des années, la pression humaine s’est intensifiée. Coupe de bois pour le fumage du poisson et autres usages, autant d’activités qui ont grignoté cet écosystème. En 2020, la superficie des mangroves était tombée à un peu plus d’une centaine d’hectares plus précisément 112,5 ha selon John Kokou Toviho GAGLO de l’ONG AGBOZEGUE dans le rapport de « DIAGNOSTIC PROSPECTIF DU PAYSAGE PRIORITAIRE DE CONSERVATION DU MONO VOLTA (TOGO) ».

Derrière ces chiffres, ce sont des équilibres entiers qui ont vacillé : raréfaction des poissons, érosion des berges, exposition accrue des communautés aux inondations.

Sur le terrain, des acteurs engagés pour inverser la tendance

Face à cette dégradation, des initiatives locales ont émergé, portées par des organisations et des communautés conscientes de l’urgence. C’est le cas d’AGBOZEGUE, une ONG togolaise engagée dans la restauration des mangroves. Sur plusieurs sites, ses équipes, souvent accompagnées de riverains, redonnent vie à ces zones dégradées à l’instar des six îles d’Aného, les zones d’Agbodrafo, d’Anyronkopé et de Kouenou.

Grâce aux projets : Projet PAPBio C1-Mangroves « de Gestion des forêts de mangroves du Sénégal au Bénin », WACA Res-IP, R4C et d’autres « Avant, la population coupait sans vraiment penser aux conséquences. Avec le soutien de l’ONG AGBOZEGUE, plusieurs activités ont été menées, sensibilisation et reboisement. Aujourd’hui, on replante et on protège », a confié AGNAMA Mawuena le président interpréfectoral du système lagunaire après une tournée de visite à pirogue il y a quelques mois.

Grâce à ces efforts, des signes encourageants apparaissent. Dans certaines zones reboisées, mise en défend, les mangroves reprennent progressivement leurs droits, laissant entrevoir une augmentation réelle du couvert végétal. Selon John GAGLO la production halieutique a augmentation : « Maintenant, on peut se réjouir car la vie halieutique à commencer sa croissance, on voit en direct les alevins »

Les mangroves, selon les études, protègent les côtes contre l’érosion et les inondations, servent de nurserie pour les poissons et crustacés, et constituent une source de revenus pour de nombreuses familles. Elles sont aussi de puissants alliés dans la lutte contre le changement climatique, capables de stocker d’importantes quantités de carbone.

L’ambition décennale sans les mangroves ?

Chaque année, le Togo célèbre le 1er juin la Journée nationale de l’arbre, une tradition bien ancrée qui mobilise citoyens et institutions autour du reboisement. Depuis 2021, cette activité a été transformée en ambition gouvernementale pour l’augmentation du couvert forestier à 26% en 2030.

Le constat est clair. Tous les efforts sont focalisés sur les forêts ordinaires. Mais aujourd’hui, la restauration des mangroves rappelle que planter des arbres ne se limite pas aux terres fermes.

Ici, le geste est plus technique, plus exigeant. Il faut tenir compte des marées, de la salinité, des cycles naturels. Pourtant, l’impact est souvent plus direct et plus stratégique, notamment pour les zones côtières exposées.

Pour John GAGLO « Si nous comptabilisons les efforts des acteurs du domaines de mangroves, avec les études et visites menées sur le terrain, on peut estimer cette couverture de mangroves à environ 900 ha en attendant les chiffres officiels ».

Selon nos informations reçues de source confirmée, la restauration et le reboisement des mangroves s’inscrivent pleinement dans l’ambition nationale de planter un milliard d’arbres, avec des initiatives concrètes comme les projets R4C-Togo et WACA ResIP. Au niveau de l’ONG AVOTODE, les projets ont permis de reboiser 37 hectares en 2024 et 15,82 hectares en 2025.

Une bataille encore loin d’être gagnée

Malgré les avancées, les défis restent nombreux. La pression humaine persiste, et les besoins en sensibilisation demeurent importants. Sur le terrain, une dynamique est enclenchée. Et elle repose sur une conviction simple qui renvoie à cette conclusion : préserver les mangroves, c’est protéger bien plus qu’une forêt. C’est préserver un mode de vie, une économie locale et une barrière naturelle essentielle face aux dérèglements climatiques.

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