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POLLUTION : RECYCLER LE PLASTIQUE, C’EST DIRE OUI A SA PRODUCTION

Par Hervé Levert

Chaque année, des millions de tonnes de déchets plastiques sont produites dans le monde. Face à cette pollution grandissante, le recyclage est souvent présenté comme la solution idéale. Pourtant, de plus en plus d’experts et d’organisations environnementales remettent en question cette approche, estimant qu’elle ne s’attaque pas à la racine du problème : la production de plastique.

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Le recyclage a certes un rôle à jouer dans la gestion des déchets. Mais il ne permet de recycler qu’une faible proportion des plastiques mis sur le marché. Une grande partie est incinérée, enfouie ou finit dans les cours d’eau et les océans.

Par ailleurs, de nombreux plastiques perdent en qualité après chaque cycle de recyclage et ne peuvent être réutilisés qu’un nombre limité de fois.

Pour les critiques du modèle actuel, mettre l’accent sur le recyclage peut entretenir l’illusion que la consommation de plastique est sans conséquence. Les industriels continuent ainsi à produire toujours plus d’emballages à usage unique, tout en mettant en avant leur caractère « recyclable ». Cette stratégie risque de déplacer le débat de la réduction de la production vers la seule gestion des déchets.

Que dit l’Etat togolais à propos des sachets plastiques ?

Au Togo, selon le décret N° 2011-003 /PR fixant les modalités de gestion des sachets et emballages plastiques au Togo, l’article 2 stipule « La production, l’importation, la distribution et la commercialisation des sachets et emballages plastiques non biodégradables sont interdites au Togo » signé le 5 janvier 2011 par le président de la république Faure Essozimna Gnassingbé.

En 2019, le mouvement « Togo100Plastique » a été créé spontanément sur le réseau whatsapp par l’activiste et directeur Sena ALOUKA de l’ONG JVE. Leur première rencontre a eu lieu le 03 mars 2019 à la maison TV5Monde à Lomé. L’objectif était l’harmonisation de sa campagne nationale citoyenne de désobéissance civique des sachets plastiques. La vision était d’amener la population Togolaise à réduire drastiquement l’utilisation de sachets en plastique de 50 % à la fin de 2019, et de 90 % en 2022, et d’interpeller les pouvoirs publics quant aux rôles qui leur incombent. Après 7 ans, où en sommes-nous avec cette lutte ?

Depuis 2011 à nos jours, l’on note que les sachets plastiques sont devenus de plus en plus présents dans les ménages. Ils font le quotidien de l’homme et guide son comportement malgré le décret du 5 janvier 2011.

Le business du recyclage encourage le mal

Présenté comme une réponse majeure à la pollution plastique, le recyclage est aujourd’hui au cœur d’un débat grandissant. Pour de nombreux défenseurs de l’environnement, le développement d’une véritable économie du recyclage ne doit pas masquer une réalité plus préoccupante. Tant que la demande en matières plastiques recyclées existe, elle va indirectement contribuer au maintien, voire à l’augmentation, de la production de plastique.

Le recyclage est devenu un secteur économique à part entière, générant des investissements, des emplois et des marchés. Si cette filière joue un rôle important dans la valorisation des déchets, elle ne résout pas le problème de la surproduction. Au contraire, certains industriels mettent en avant la recyclabilité de leurs emballages pour justifier la poursuite de la fabrication de plastiques à usage unique. Au Centre pour la Justice Environnementale – Togo, il n’est pas question de soutenir le recyclage. « Soutenir le recyclage, c’est encourager l’utilisation des sachets plastiques » a indiqué Kwami KPONDZO, directeur du CJE-Togo.

Kpondzo Kwami / D.E CJE

Les critiques estiment que cette logique entretient un cercle vicieux : plus de plastique est mis sur le marché, plus il y a de déchets à collecter et à recycler, alimentant ainsi une économie qui dépend d’un flux constant de matières plastiques. Le risque est alors de privilégier la gestion des déchets plutôt que leur prévention.

Voici donc la position de la société civile !

Dans plusieurs pays, la société civile plaide désormais pour une autre approche : réduire la production de plastique à la source, développer des systèmes de réemploi, encourager les emballages durables et renforcer la responsabilité des producteurs. Pour ces acteurs, le meilleur déchet est celui qui n’est jamais produit. Le véritable défi n’est donc pas seulement de mieux recycler, mais d’éviter de produire.

Ainsi, dire que « recycler les plastiques, c’est dire oui à leur production » est un message interpellateur. Cette formule invite cependant à poser une question essentielle : voulons-nous sauver la planète ou la vendre ?

FIN.

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