COTE D’IVOIRE / FIDD 2026 : LE FORUM VEUT FAIRE DE LA TRANSITION ECOLOGIQUE UN LEVIER DE CROISSANCE ET D’EMPLOIS
Par la Rédaction
Du 13 au 14 octobre 2026 à la CGECI, le Forum International du Développement Durable va réunir pouvoirs publics, entreprises, investisseurs, experts, jeunes innovateurs et société civile autour des solutions concrètes pour accélérer la transformation durable des économies ouest-africaines. Et si le développement durable cessait d’être perçu uniquement comme une affaire de protection de l’environnement pour devenir un véritable moteur de croissance, d’innovation et d’emploi ? C’est l’ambition affichée par le Forum International du Développement Durable (FIDD) 2026, dont le conférence de presse a été faite à Abidjan mardi 8 septembre 2026.

Prévu les 13 et 14 octobre 2026 à la CGECI Patronat Ivoirien, le rendez-vous veut créer un espace annuel de dialogue entre les différents acteurs du développement durable. Selon sa plaquette de présentation, le FIDD ambitionne de mobiliser plus de 3 000 participants et visiteurs, une cinquantaine d’experts et intervenants, plus de 30 partenaires et sponsors, une centaine d’expositions et des participants issus de plus de 10 pays.
Pour Mickael Trabi, associé-gérant du cabinet Performance Charging Consulting et commissaire général du FIDD, l’objectif est précisément de créer une plateforme permettant aux acteurs de se retrouver chaque année autour des enjeux émergents du développement durable.
« L’idée, c’est de réunir les acteurs autour du développement durable pour qu’annuellement ils puissent échanger sur des thématiques d’actualité liées au développement durable, pour créer un impact durable », explique-t-il.
Changer les mentalités par l’éducation et les gestes quotidiens
Le défi est aussi culturel. Sachant qu’aujourd’hui, les préoccupations liées au pouvoir d’achat, à l’alimentation ou à l’emploi peuvent reléguer les questions environnementales au second plan, les organisateurs veulent montrer que développement économique et préservation de l’environnement ne sont pas contradictoires.
Pour Mickael Trabi, la transformation commence par l’éducation. « La base de tout changement sociétal est liée à l’éducation », insiste-t-il.
Cette éducation doit concerner aussi bien les enfants que les adultes, mais elle doit surtout se traduire par des comportements concrets au quotidien. Les familles et les ménages sont ainsi appelés à adopter des gestes écoresponsables, tandis que les entreprises doivent intégrer progressivement la durabilité dans leurs modèles économiques.
Le FIDD entend justement transformer ces réflexions en actions. Les organisateurs prévoient notamment des recommandations issues des échanges, avec l’ambition de favoriser leur appropriation par les pouvoirs publics et les différents acteurs concernés.
L’environnement, un secteur d’opportunités
L’autre message fort du forum est de sortir d’une vision du développement durable uniquement associée aux problèmes environnementaux. La transition écologique crée également de nouveaux marchés, de nouvelles compétences et de nouveaux emplois.
La programmation du FIDD accorde ainsi une place importante à l’innovation, aux technologies durables, à l’économie circulaire, à la finance verte, à la responsabilité sociétale des entreprises et aux métiers de la transition.
La plaquette officielle identifie notamment l’emploi vert et les métiers de la transition durable parmi les enjeux liés à l’axe consacré à l’ESG, à la RSE, à l’économie sociale et solidaire et au capital humain.
Cette orientation sera renforcée par le FIDD Job Dating, présenté comme un dispositif inédit dans le cadre de l’édition 2026. Il doit mettre directement en relation des recruteurs et des candidats spécialisés dans les métiers de la durabilité. Des entreprises et directions des ressources humaines pourront conduire des entretiens ciblés avec des profils présélectionnés.
Pour les jeunes et les professionnels, l’enjeu est donc de ne plus considérer l’environnement uniquement comme un domaine de sensibilisation, mais comme un espace de compétences et de création de valeur.
Sept axes pour passer du discours aux solutions
Le FIDD 2026 sera structuré autour de sept grands axes thématiques : la finance verte et le financement de la transition climatique ; l’économie circulaire et les modèles d’affaires durables ; l’empreinte carbone ; l’ESG, l’ESS, la RSE et le capital humain ; l’innovation et la digitalisation ; les politiques publiques et la gouvernance ; ainsi que l’agrobusiness et l’agriculture durable.
L’objectif général affiché est d’« accélérer la transformation durable des économies ouest-africaines » en mobilisant les acteurs publics, privés et institutionnels autour de solutions innovantes, finançables et à fort impact.
Les organisateurs veulent notamment favoriser l’accès au financement climatique, le développement de modèles économiques circulaires, la réduction de l’empreinte carbone des entreprises et l’intégration des critères ESG dans les stratégies des organisations.
Le secteur privé appelé à prendre ses responsabilités
Cette mobilisation ne saurait cependant reposer uniquement sur l’État. Dr Ogue Didier Bochoux, directeur de l’Économie verte et de la Responsabilité sociétale des organisations au ministère ivoirien de l’Environnement et de la Transition écologique, venu représenter son ministre, estime que le secteur privé doit jouer un rôle central.
Il salue une initiative qui, selon lui, intervient dans un contexte où les ressources naturelles sont soumises à de fortes pressions.
« On ne parlera jamais assez du développement durable, d’autant plus que la survie de la société ivoirienne en dépend », affirme-t-il.
Le responsable évoque notamment les effets des activités économiques sur la biodiversité et les ressources du sous-sol. Pour lui, l’urgence est désormais d’agir collectivement afin de préserver les ressources nécessaires aux générations futures.
« Le phénomène n’est pas réservé à une seule structure, à un seul groupement de personnes », rappelle-t-il, appelant l’ensemble des acteurs à contribuer à la transition.
Son message est clair; si l’État a un rôle majeur à jouer, les entreprises, les organisations de la société civile, les citoyens et les investisseurs doivent également prendre leur part.
Le développement durable est ainsi présenté comme une nouvelle manière de produire et de créer de la richesse.
« Transformons nos richesses, créons la richesse autrement et changeons de comportement », plaide Dr Bochoux.
Cette approche rejoint l’un des principes mis en avant par le FIDD. Il s’agit produire autrement tout en créant davantage de valeur avec moins de ressources. L’économie circulaire doit notamment permettre de réduire les déchets, valoriser les sous-produits, développer le recyclage et créer de nouvelles chaînes de valeur.
Le forum veut également mettre en lumière les startups vertes, les solutions numériques, les énergies renouvelables, l’Agritech et les technologies permettant d’améliorer l’efficacité énergétique et la gestion des ressources.
Au-delà des conférences, le FIDD prévoit des ateliers pratiques, des formations certifiantes, des panels, des rencontres B2B et B2G, des présentations de projets devant des investisseurs ainsi qu’un espace d’exposition destiné aux entreprises, startups et institutions.
L’ambition est donc de rapprocher ceux qui disposent des idées de ceux qui disposent des compétences, des financements et des moyens de passage à l’échelle.
Avant le rendez-vous d’Abidjan, le lancement international du FIDD est annoncé pour le 19 septembre 2026 à Paris, à l’ambassade de Côte d’Ivoire en France, autour d’un panel consacré à l’accélération du développement durable en Afrique, selon les organisateurs.
Car, au fond, le défi posé par Mickael Trabi et Dr Bochoux est le même : comment faire du changement de comportement individuel et de la transformation des modèles économiques une réalité collective capable de préserver l’environnement tout en créant de nouvelles opportunités ? C’est précisément à cette question que le FIDD 2026 veut apporter des réponses.
FIN.

