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CBI70 : LA COALITION D’AFRIQUE POUR LES BALEINES DIT NON A LA CHASSE AUX BALEINES

Par la Rédaction

À quelques semaines de la 70ᵉ session de la Commission baleinière internationale (CBI), la Coalition d’Afrique pour les Baleines a réuni, le 2 septembre 2026, scientifiques, acteurs de la conservation, représentants institutionnels et organisations de la société civile autour d’une même question : quelle voix l’Afrique veut-elle porter pour les baleines ?

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Modérée par le Colonel Abba Sonko, la conférence en prélude à la CBI70 prévue du 27 septembre au 2 octobre 2026 à Hobart, en Australie, a successivement abordé le fonctionnement de la CBI, l’état des cétacés dans les eaux africaines, les votes des États, les influences extérieures et les décisions attendues à la CBI70.

En ouvrant les échanges sur le fonctionnement de la CBI, S.E. Dr Aurélie Flore Koumba Pambo, du Gouvernement gabonais, a rappelé que cette institution créée en 1946 constitue avant tout un espace de coopération entre États. « Les gouvernements décident, la science éclaire les décisions et le secrétariat accompagne le travail », a-t-elle expliqué. Elle a surtout insisté sur le rôle du moratoire, des sanctuaires et de la coopération scientifique. Pour elle, une participation africaine plus active permettrait de mieux défendre les intérêts du continent. « Il est dans notre intérêt d’être présents sur les tables de négociation », a-t-elle souligné.

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Au cours de la conférence, Kema Kema Judicaël Régis, doctorant à l’Université Omar Bongo, a dressé le tableau d’une riche diversité de cétacés dans les eaux d’Afrique de l’Ouest et centrale. Baleines à bosse, baleines bleues, cachalots et dauphins occupent différents habitats. Mais ces espèces subissent les captures accidentelles, les collisions, la pollution et la dégradation des habitats. Il appelle à une réponse coordonnée, notamment pour réduire les captures accidentelles. « Il est important de choisir : soit être spectateur du déclin des baleines, soit être acteur de leur conservation », a-t-il lancé.

La question des votes africains a ensuite été soulevée par Ulrich Agomma, de Nature Tropicale. Son constat est particulièrement interpellatif : plusieurs pays africains qui ne pratiquent pas la chasse commerciale à la baleine ont pourtant, au fil des années, soutenu des positions favorables aux intérêts des pays baleiniers. Il cite notamment le Bénin, Guinée, Sénégal, Mauritanie, le Togo, le Congo, la Côte d’Ivoire et le Ghana tout en relevant le repositionnement du Gabon depuis 2012 en faveur de la protection des baleines.

Josea Dossou Bodjrenou, également de Nature Tropicale, a prolongé cette réflexion en interrogeant l’influence du Japon et de la COMHAFAT sur les positions africaines. « La question qu’on doit se poser, c’est : qui oriente les positions de nos pays à la CBI ? », a-t-il interrogé. Il estime nécessaire que les délégations africaines soient élargies aux ministères de l’Environnement, à la société civile et aux autres acteurs concernés, afin de construire des positions nationales concertées.

À l’approche de la CBI70, Maximin Djondo, de BEES ONG, appelle pour sa part à surveiller plusieurs signaux, notamment la réactivation des mécanismes de gestion et de calcul des quotas ainsi que le vote sur le sanctuaire de l’Atlantique Sud. Selon lui, le risque pour le moratoire ne réside pas forcément dans une décision spectaculaire, mais dans « une succession de décisions qui pourrait progressivement recréer les conditions politiques et techniques d’une reprise de la chasse commerciale ».

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Face à ces préoccupations, Karim Sall, d’AGIRE/CONAPED, a présenté la mobilisation de la société civile africaine. Plus de 220 signataires des scientifiques, experts, représentants institutionnels, ONG et acteurs de la conservation marine soutiennent déjà la note de position de la Coalition. Quatre messages structurent cette mobilisation : protéger les baleines et maintenir le moratoire, soutenir le sanctuaire de l’Atlantique Sud, refuser toute réouverture de la chasse commerciale et exiger davantage de transparence dans les positions défendues par les États africains.

Au terme de ce webinaire, il est à retenir que la Coalition d’Afrique pour les Baleines souhaite que lors de la CBI70 que le débat tourne autour de la clarification et de la responsabilité.

Enfin, il est clair que l’enjeu dépasse la seule chasse à la baleine; il concerne la gouvernance des océans, la biodiversité, la recherche scientifique et la cohérence des engagements africains en matière de conservation.

FIN.

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