QUALITE DE L’AIR AU TOGO : UN DIALOGUE NATIONAL POUR RENFORCER LA GOUVERNANCE
Par Hervé Levert
Face aux enjeux croissants liés à la pollution atmosphérique, le Togo veut renforcer la coordination des actions en faveur d’un air plus sain. Un webinaire réunissant les points focaux des ministères s’est tenu le 27 août 2026 dans le cadre du Projet Qualité de l’Air au Togo (PQAT), avec pour objectif de relancer le processus de mise en place d’un cadre institutionnel dédié à la gestion de la qualité de l’air.

« L’objectif du projet est de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’air à travers la préservation de la santé et de l’environnement, notamment en documentant d’abord la pollution pour avoir une meilleure connaissance du phénomène dans nos villes, puis en sensibilisant les différents acteurs, avec une priorité accordée aux actions préventives » a annoncé le coordonnateur du Projet Qualité de l’Air au Togo (PQAT) Lantam DJERI-WAKE.

La qualité de l’air s’impose progressivement comme un enjeu majeur de santé publique et de protection de l’environnement. Au Togo, particulièrement à Lomé, la pollution atmosphérique reste encore insuffisamment documentée, malgré ses effets potentiels sur la santé, l’environnement, la productivité agricole et l’économie.
C’est pour améliorer les connaissances et renforcer la gouvernance du secteur que le ministère de l’Environnement, à travers l’Agence nationale de gestion de l’environnement (ANGE), a initié depuis 2023 le Projet Qualité de l’Air au Togo (PQAT). Le projet bénéficie notamment de l’appui technique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de la Coalition pour le climat et l’air pur (CCAC) et du Stockholm Environment Institute (SEI).
Selon le coordonnateur du Projet Qualité de l’Air au Togo (PQAT), les données du ministère de la Santé nous révèlent que, pour 2019 uniquement, les dépenses sanitaires liées aux affections respiratoires dépassaient les 18 milliards de francs CFA. « Or, nous savons très bien, tel que la science l’a documenté, que l’impact de la pollution atmosphérique dépasse les seules affections respiratoires » a laissé entendre Lantam DJERI-WAKE.
Dans son mot lors des échanges, le Directeur Stockholm Environment Institute (SEI) a révélé que la pollution atmosphérique n’est pas seulement une question environnementale. C’est également une question de santé publique, d’économie, de climat, d’agriculture et de développement urbain.

« L’objectif n’est pas simplement de produire davantage de données, mais de transformer les données et les connaissances scientifiques en solutions concrètes susceptibles d’améliorer la qualité de l’air et de protéger la santé des populations » a déclaré Niall O’Connor Directeur Stockholm Environment Institute (SEI).
Au cours du webinaire, les participants ont examiné les avancées du PQAT, les résultats de la surveillance de la qualité de l’air ainsi que le processus de mise en place du cadre institutionnel national. Les échanges ont également porté sur la nécessité d’une gestion commune et intersectorielle de cette problématique.
Pour Mohamed Atani, Représentant résident du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) pour l’Afrique de l’Ouest, « Régler le problème de la qualité de l’air ne doit pas être confié à un seul secteur. La mise en place d’un mécanisme de coordination efficace, fondé sur des responsabilités claires et un partage régulier des données, constitue une étape essentielle »,

il poursuit en disant que « Le défi consiste désormais à transformer les données disponibles en actions concrètes : amélioration des transports, réduction du brûlage à ciel ouvert, meilleure gestion des déchets, promotion d’énergies plus propres, contrôle des émissions industrielles et intégration de la qualité de l’air dans la planification urbaine. »
L’ambition affichée est de mieux définir les responsabilités des ministères et institutions concernés, d’identifier les besoins en capacités et de proposer un mécanisme de coordination interministérielle. À terme, ce processus doit contribuer à l’élaboration d’une politique et d’un plan d’action nationaux pour la qualité de l’air.
Ainsi, à l’approche de la Journée internationale de l’air pur pour des ciels bleus, prévue le 7 septembre 2026, ce dialogue vient ouvrir un débat important vers une action publique mieux coordonnée en faveur d’un air plus sain au Togo.
FIN.

