KPETSOU / “BOUILLON DE SANG” CONTAMINE : UN AUTRE MORT, LA VENDEUSE ARRETEE, LE VILLAGE DANS L’ANGOISSE

Dans le petit village paisible de Kpétsou, situé au nord-est d’Afagnan, l’ambiance a brutalement basculé dans l’angoisse. Ce qui devait être une simple soirée de marché, le dimanche 27 juillet, s’est transformée en tragédie collective. En cause : un plat traditionnel, le « Houmbli », bouillon de sang de bœuf très apprécié, mais cette fois suspecté d’avoir empoisonné plusieurs dizaines de personnes. Ce mardi 29 juillet, un autre décès a été enregistré à Kpotèmé, relançant les inquiétudes d’une communauté encore sous le choc.
Vendeurs en cause, vérité incertaine !
L’enquête a conduit les regards vers les vendeurs de ce bouillon. Une femme, bien connue pour sa présence régulière dans les marchés de la zone, a été identifiée. Cette dernière vient souvent de Tabligbo pour vendre son bouillon. Elle jure ne pas comprendre. « Moi-même j’ai mangé mon bouillon. Rien ne m’est arrivé. D’autres aussi l’ont mangé. Je ne comprends pas pourquoi ceux de Kpétsou sont tombés malades » s’est-elle interrogée.
Une arrestation, mais encore beaucoup de questions
La vendeuse du bouillon incriminé a été arrêtée et remise à la gendarmerie de Tabligbo, selon ABIDI Komi, Secrétaire du Chef canton de Kpétsou joint au téléphone par notre rédaction. Cette arrestation est intervenue au moment où son fils a été appréhendé dans le marché d’Atikéssimé en train de vendre le même bouillon de sang. Le fils a donc conduit l’équipe accompagné des forces de sécurité pour que main soit mise sur sa mère.
L’arrestation de la vendeuse, marque un tournant dans l’affaire. Mais de nombreuses interrogations demeurent :
Était-elle la seule vendeuse ce soir-là ? Pourquoi dit-elle avoir également consommé le bouillon sans être malade ? Y a-t-il eu négligence, ou s’agit-il d’un accident sanitaire ?
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Un sang « gâté » à l’origine du drame ?
D’après les premiers éléments recueillis sur place et selon le secrétaire du chef canton de Kpétsou, le sang utilisé pour la préparation du bouillon serait « gâté« , c’est-à-dire en état de décomposition. Cette piste peut être aujourd’hui privilégiée par les autorités sanitaires locales pour expliquer l’intoxication collective. Le liquide pourrait être conservé dans de mauvaises conditions, entraînant la prolifération de bactéries dangereuses pour la santé.
Les prélèvements effectués sur les échantillons ont été envoyés à Lomé pour analyse. Les résultats sont attendus avec impatience, tant par les autorités que par les familles en deuil.
