DR CHARLES KOLOU : “L’ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE NE PEUT ETRE EFFICACE QUE SI ELLE EST PLANIFIEE ET TERRITORIALISEE”
Par la Rédaction
À l’issue de la soutenance de sa thèse de doctorat consacrée à la décentralisation et à l’adaptation au changement climatique dans la région des Plateaux, le Dr Charles Kolou livre à EPLUS MEDIAS les principales conclusions de plusieurs années de recherche. Dans cet entretien, le chercheur revient sur les défis auxquels les communes togolaises sont confrontées face aux effets du dérèglement climatique, mais aussi sur les solutions concrètes qu’il propose pour renforcer la résilience des territoires. Entre intégration du climat dans les Plans de Développement Communaux, accès aux données climatiques, financement local et promotion d’une agriculture durable, il plaide pour une adaptation pensée au plus près des réalités des populations.

Bonjour Docteur, que savoir de votre thème de doctorat ?
Mon travail de recherche porte sur le thème : « Décentralisation et stratégies d’adaptation au changement climatique au Togo : cas de la région des Plateaux ». Cette étude vise à mieux comprendre les enjeux et défis liés à la territorialisation de l’adaptation au changement climatique, notamment à l’échelle des communes. Elle analyse à la fois la dynamique climatique et les opportunités qu’offre la décentralisation pour planifier et mettre en œuvre des actions d’adaptation efficaces. Plus concrètement, Ainsi, l’objectif principal de l’étude était d’analyser dans quelle mesure, et par quels mécanismes les communes de la Région des Plateaux planifient et mettent en œuvre des stratégies d’adaptation au changement climatique.
Quelles solutions votre étude propose-t-elle pour l’adaptation au changement climatique au Togo ?
Notre principale conclusion est que l’adaptation ne peut être efficace que si elle est planifiée et territorialisée. À ce titre, l’étude propose plusieurs pistes d’action.
D’abord, il est essentiel de renforcer l’intégration des enjeux climatiques dans les Plans de Développement Communaux (PDC), qui constituent les principaux outils de planification locale. Cela suppose notamment une mise à jour du guide national d’élaboration des PDC, afin d’y intégrer de manière explicite les questions climatiques.
Ensuite, les communes doivent relever le défi de l’accès à des données climatiques fiables. Le renforcement des services d’information climatique apparaît donc comme une priorité pour améliorer la prise de décision locale.
Par ailleurs, des mécanismes comme la coopération décentralisée, l’intercommunalité ou encore la mise en réseau des communes constituent des leviers stratégiques pour mutualiser les ressources et renforcer l’efficacité des actions. Dans cette dynamique, la territorialisation des Contributions Déterminées au niveau National (CDN), ainsi que le renforcement des capacités techniques et financières des collectivités, sont indispensables pour impulser une véritable action climatique à l’échelle locale.
Dans tout ce que vous venez d’exposer, que proposez-vous à l’Etat ?
Il faut dire que l’étude souligne également la nécessité pour l’État de mettre en place des mécanismes de décentralisation des financements climatiques, afin de soutenir durablement les initiatives locales.
Enfin, compte tenu du poids de l’agriculture dans l’économie de la région des Plateaux, il est crucial de promouvoir des pratiques agricoles durables et climato-intelligentes, à travers le renforcement des capacités des producteurs. Le recours à des instruments innovants, tels que l’assurance agricole indicielle développée par Lorica Assurances, constitue également une piste pertinente pour renforcer la résilience des agriculteurs face aux aléas climatiques.
Merci pour votre disponibilité !
