DEUX ANS APRES LES DEGUERPISSEMENTS A LOME, LE MMLK DENONCE DES SITES ABANDONNES ET INSALUBRES
Par la Rédaction
Deux ans après les vastes opérations de déguerpissement menées dans plusieurs zones du Grand Lomé, le constat dressé par le Mouvement Martin Luther King (MMLK) est alarmant. Le président de l’organisation, Pasteur Edo Komi, déplore une situation qu’il qualifie de « désolation », marquée par l’insalubrité, l’abandon des espaces publics et l’aggravation de la précarité des commerçants touchés.

À l’époque des opérations, les autorités municipales avaient justifié les déguerpissements par la nécessité de libérer les emprises publiques, d’assainir la ville et de donner une image plus moderne à la capitale togolaise. Des milliers de petits commerçants avaient alors été contraints de quitter leurs lieux d’activités.
Mais aujourd’hui, selon le MMLK, plusieurs des espaces libérés présentent un visage totalement différent des ambitions annoncées.
« Là où il y avait de l’activité, de la vie, des familles qui gagnaient honnêtement leur pain, il ne reste plus que la désolation », affirme Pasteur Edo Komi. Le responsable évoque des sites devenus insalubres, envahis par des déchets, des eaux stagnantes et parfois transformés en zones d’insécurité.
Le mouvement estime que les populations n’ont tiré aucun bénéfice réel de ces opérations. Pour le MMLK, l’absence de plan de réaménagement, de budget d’entretien et de solutions de relogement économique constitue aujourd’hui l’une des principales faiblesses de cette politique urbaine.
« Un déguerpissement sans plan, ce n’est pas de l’assainissement, c’est la destruction d’emplois et la dégradation accélérée de l’espace public », soutient Pasteur Edo Komi.
Le mouvement rappelle également qu’à l’époque, certaines communes avaient exprimé des réserves face à la manière dont ces mesures étaient mises en œuvre. Selon le président du MMLK, des réticences existaient notamment dans la commune du Golfe 2 avant l’application progressive des décisions.
Au-delà de l’aspect urbain, l’organisation insiste sur les conséquences sociales des déguerpissements. Des milliers de commerçants auraient perdu leur unique source de revenus. Certains se seraient lourdement endettés, tandis que d’autres auraient quitté Lomé ou sombré dans une grande précarité.
Face à cette situation, le MMLK formule plusieurs recommandations. L’organisation demande un plan de réhabilitation chiffré et daté pour chaque site concerné, accompagné d’un mécanisme de suivi citoyen. Elle plaide également pour l’ouverture de cadres de concertation avec les associations de commerçants afin de permettre leur retour dans des espaces de vente aménagés et sécurisés.
Le mouvement réclame enfin un moratoire immédiat sur tout nouveau déguerpissement sans solution préalable de relogement économique.
« La gestion de la ville ne doit pas se faire contre les populations. Un déguerpissement qui crée plus de saleté et plus de pauvreté est une double faute », insiste Pasteur Edo Komi.
Selon l’organisation, cette sortie appelle les autorités à repenser les politiques urbaines afin de concilier assainissement, développement urbain et protection des activités économiques des populations les plus vulnérables.

