BURKINA FASO / AGRICULTURE : ENTRE BOCAGE SAHELIEN ET TECHNIQUES ANCESTRALES COMME LE ZAÏ, TOUS LES ESPOIRS SONT PERMIS
Par la Rédaction
Malgré une installation irrégulière de la saison des pluies, les agriculteurs des bocages sahéliens gardent espoir. À Guiè, Goèma, Filly et Tougo, au Burkina Faso, les premières observations de la campagne agricole 2026 montrent que les techniques traditionnelles de conservation des eaux et des sols, notamment le Zaï, continuent de démontrer leur efficacité face aux aléas climatiques.

À Guiè, où seulement 77 mm de pluie ont été enregistrés en juin, les premiers semis de sorgho ont résisté à une poche de sécheresse grâce au Zaï. Les activités de reboisement se poursuivent également avec l’entretien des pépinières et la création d’un bosquet d’espèces locales menacées afin de préserver la biodiversité.
À Goèma, malgré une pluviométrie limitée à 49 mm, les producteurs poursuivent les semis après l’apport de compost et préparent déjà les futures opérations de reboisement. Les agriculteurs vulnérables misent désormais sur des pluies plus régulières pour assurer une bonne levée des cultures.
À Filly, où les précipitations ont été plus favorables avec un cumul de 140 mm, les exploitants adaptent leurs pratiques à une météo capricieuse. Certains associent semis et sarclages afin de tirer profit des faibles pluies, tandis que des projets de retenues d’eau sont envisagés pour renforcer la résilience des communautés.
La situation demeure plus préoccupante à Tougo. Avec seulement deux pluies enregistrées en juin, les semis ont souvent été réalisés à sec. Toutefois, les producteurs bénéficient d’un accompagnement technique important : distribution de compost, apport de fiente de poule et généralisation du Zaï pour restaurer la fertilité des terres dégradées. Ces pratiques offrent de meilleures perspectives malgré un contexte climatique difficile.
Au-delà des champs, l’École du Bocage de Guiè forme une nouvelle génération d’aménageurs ruraux aux techniques agroécologiques. Les apprenants participent aux semis, à l’entretien des pépinières, à l’aménagement des périmètres bocagers et à la gestion durable des ressources naturelles, assurant ainsi la transmission de savoir-faire adaptés aux défis du changement climatique.
Dans ces territoires sahéliens, le constat est clair. Lorsque les connaissances ancestrales comme le Zaï se conjuguent avec des pratiques agroécologiques modernes et une mobilisation des communautés, l’agriculture gagne en résilience. Malgré une pluviométrie incertaine, les producteurs restent confiants. Tous les regards sont désormais tournés vers les prochaines pluies, porteuses de l’espoir d’une récolte abondante.
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