ATELIER REGIONAL DE L’OIBT A LOME : « LA RESTAURATION DES PAYSAGES FORESTIERS DOIT TENIR COMPTE DE TOUT L’ECOSYSTEME »
Par Hervé Levert
Du 23 au 26 juin 2026, le Togo accueille un atelier régional de formation sur l’intégration des lignes directrices de l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) dans les projets de restauration des paysages forestiers. Cette rencontre réunit des représentants de 14 pays africains membres de l’organisation. L’objectif est de renforcer leurs capacités afin qu’ils prennent davantage en compte les dimensions écologiques, sociales et climatiques dans les programmes de restauration. Olivier Ayimé, ingénieur forestier ivoirien et administrateur de projets au secrétariat exécutif de l’OIBT à Yokohama, au Japon, explique les enjeux de cette approche au micro de Eplus Médias.

Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Olivier Ayimé, ingénieur forestier de la République de Côte d’Ivoire et administrateur de projets au secrétariat exécutif de l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT), basé à Yokohama, au Japon.
Qu’est-ce que l’OIBT et quel est son rôle ?
L’OIBT est l’Organisation internationale des bois tropicaux. Elle accompagne les pays tropicaux dans l’aménagement durable des forêts, la restauration des écosystèmes forestiers et le commerce responsable des produits issus des forêts tropicales. L’organisation regroupe à la fois des pays producteurs et des pays consommateurs de bois tropicaux.
Pourquoi l’OIBT a-t-elle élaboré des lignes directrices pour la restauration des paysages forestiers ?
L’exploitation forestière contribue à la réduction de la productivité des forêts et est souvent identifiée comme un facteur de dégradation et de déforestation. Lorsqu’une forêt est dégradée, il devient nécessaire de la restaurer. Nous nous sommes rendu compte que la forêt ne concerne pas seulement les forestiers, mais l’ensemble des communautés et des acteurs du territoire. Il fallait donc disposer d’orientations claires permettant à chacun de participer efficacement à la restauration tout en bénéficiant de ses retombées.
Que recouvrent concrètement ces lignes directrices ?
Elles regroupent un ensemble d’objectifs, de principes et d’éléments directeurs à prendre en compte lors de la conception et de la mise en œuvre des projets de restauration. Elles servent aussi bien aux décideurs politiques, pour élaborer les lois et les stratégies, qu’aux acteurs de terrain chargés d’exécuter les actions de restauration.
Pourquoi est-il important de les intégrer dans les programmes de restauration ?
Parce que la restauration ne doit plus être envisagée uniquement à l’échelle d’une parcelle. Au Togo, comme dans plusieurs pays, le reboisement est souvent réalisé sur des espaces bien définis sans toujours considérer ce qui se trouve autour : les zones agricoles, les cours d’eau, les marécages ou encore les habitats naturels. Pourtant, les actions menées sur une parcelle peuvent avoir des impacts sur l’ensemble du paysage. Les lignes directrices permettent justement d’adopter une vision globale et intégrée.
Quel changement de pratique souhaitez-vous promouvoir à travers cette formation ?
Nous voulons que les participants cessent de regarder uniquement la parcelle à reboiser. Ils doivent analyser les interactions avec l’ensemble du paysage : les communautés locales, la biodiversité, la faune sauvage, les ressources en eau et même le climat. Cette approche garantit des résultats plus durables et plus bénéfiques pour tous.
Qui participe à cet atelier régional ?
Les participants viennent des 14 pays africains membres de l’OIBT. Ils représentent l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Est. Ce sont des cadres techniques, des gestionnaires de projets et des responsables impliqués dans les programmes de restauration des paysages forestiers.
Quel message souhaitez-vous adresser aux acteurs de la restauration forestière en Afrique ?
La restauration ne consiste pas seulement à planter des arbres. Elle doit contribuer à restaurer l’ensemble du paysage, améliorer les conditions de vie des populations, protéger la biodiversité et renforcer la résilience face aux changements climatiques. C’est cette vision intégrée que nous promouvons à travers les lignes directrices de l’OIBT.
FIN !

