AGRICULTURE DURABLE ET ELECTRIFIEE : LE TOGO ET TROIS PAYS AFRICAINS LANCENT UNE ETUDE SUR L’AGRI-VOLTAÏSME

Face à la double urgence climatique et énergétique, le Togo, la Guinée-Conakry, la République démocratique du Congo (RDC) et le Sénégal s’engagent ensemble sur une voie novatrice : celle de l’agro-voltaïsme. Réunis à Lomé dans le cadre d’un atelier de lancement de deux jours les 08 et 09 juillet 2025, les quatre pays explorent la faisabilité d’un projet agrovoltaïque intégré, combinant production agricole et énergie solaire sur un même espace foncier.
L’objectif de cette étude est répondre aux défis conjoints d’une faible électrification rurale, d’une dépendance persistante aux énergies fossiles, et d’un secteur agricole fragilisé par les effets du changement climatique.
L’atelier, qui s’est ouvert mardi 08 juillet, a marqué le coup d’envoi d’une étude de faisabilité initiée en avril dernier et prévue jusqu’en avril 2026. L’événement réunit une diversité d’acteurs : partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile, femmes rurales, chercheurs en agriculture et en énergie solaire. Tous sont invités à contribuer à l’élaboration d’une feuille de route claire et réaliste pour ce projet pilote.
« Nous allons mettre tout le monde autour de la table afin de définir ensemble les contours de cette initiative. L’objectif est de produire une énergie propre tout en garantissant la continuité de la production agricole », a souligné Ali Kanzari, Expert senior en énergies renouvelables et efficacité énergétique.
Le projet vise à rationaliser l’utilisation des terres en combinant les installations photovoltaïques avec les activités agricoles. Une telle synergie permettrait non seulement de renforcer la sécurité énergétique en milieu rural, mais aussi d’augmenter la productivité agricole.
« Il s’agira par exemple de produire de l’électricité solaire pour alimenter des moulins à maïs ou des équipements de transformation agricole. L’énergie solaire peut aussi faciliter l’élevage, l’irrigation, ou encore la conservation des produits », explique le chef de mission Ali Kanzari.
Dans un contexte marqué par des épisodes climatiques extrêmes, des sols appauvris et une saisonnalité de plus en plus imprévisible, les pays de la sous-région cherchent des solutions résilientes et durables. L’agri-voltaïsme, technologie encore émergente en Afrique, pourrait bien s’imposer comme une réponse structurante aux défis du développement rural et de la transition énergétique.
Pour Mme Mery YAOU, la directrice de l’environnement, il s’agit d’une bonne approche de solution aux agriculteurs afin d’utiliser leur terre malgré que ces installations énergétiques s’y trouvent, car ce serait pour eux, un bénéfice.
L’étude qui a pris fin le mercredi 09 juillet dernier a abouti à des recommandations concrètes pour le déploiement à grande échelle de ce modèle dans chacun des pays concernés. Les résultats sont attendus avec impatience par les gouvernements et les partenaires de développement.
Lancant les travaux de l’atelier, Dr Amy Nabiliou, cheffe de la division de la production et de l’électrification rurale décentralisée, représentant le ministre togolais de l’Énergie et des Mines a invité les participants à un travail bien fait. Pour elle, cette rencontre constitue une étape probante dans ce processus d’étude de faisabilité pour de bonnes bases d’un avenir agricole et énergétique plus durable pour l’Afrique de l’Ouest et centrale.
