TOGO : LE ROSCCET SONNE L’ALERTE CONTRE LES « FAUSSES SOLUTIONS » AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
Par Hervé Levert
Le Réseau des Organisations de la Société Civile sur le Climat et l’Environnement au Togo (ROSCCET) a réuni, ce vendredi 29 mai 2026 à l’OCDI de Tokoin-CESAL à Lomé, ses organisations membres pour un atelier de restitution de l’École de Justice Environnementale et Sociale (EJES) et de réflexion sur les « fausses solutions climatiques ».

Face à l’aggravation des effets du changement climatique en Afrique et au Togo en particulier, il faut chercher des solutions efficaces pour réduire les effets néfastes dans tous les domaines de la vie sur la terre. C’est ainsi, que depuis quelques années, le Centre de Justice Environnementale organise des échanges entre acteurs impliqués dans les questions environnementales et climatiques.
A l’édition de mars 2026, où la question fondamentale portait sur les « Fausses solutions climatiques », le ROSCCET a pris part active à cette édition afin de faire des propositions pour élucider les communautés et inviter les décideurs et gouverneurs à changer de fusils d’épaules.
Afin de permettre à ses membres de se familiariser à la question et d’agir en conséquence, le réseau a tenu une rencontre de restitution de l’école de justice environnementale et sociale. L’activité qui s’est déroulé à lomé a rassemblé une trentaine d’acteurs venus de plusieurs organisations membres du ROSCCET.
Pour le coordonnateur du ROSCCET, Charles Fomedi, l’initiative répond à une urgence. « Depuis plusieurs mois, nous subissons les effets du changement climatique. Il était important d’expliquer aux participants les notions liées à la justice environnementale, climatique et sociale, mais aussi d’aborder la question des fausses solutions climatiques », a-t-il expliqué.
Au cours des échanges, plusieurs mécanismes présentés comme des réponses à la crise climatique ont été passés au crible. Parmi eux figurent le marché carbone, le mécanisme REDD+, la géo-ingénierie ou encore le TFFF. Selon les participants, ces approches ne s’attaqueraient pas aux causes profondes du dérèglement climatique et risqueraient de faire peser davantage les conséquences sur les communautés locales.
« Notre position est claire. Nous sommes contre ces fausses solutions parce qu’elles ne s’attaquent pas directement aux causes du changement climatique. Ce sont des solutions de diversion », a affirmé Charles Fomedi.
À l’inverse, le ROSCCET plaide pour des alternatives qu’il juge plus durables et plus justes, notamment l’agroécologie et la transition énergétique. Ces options, estime le réseau, permettent de répondre aux défis climatiques tout en préservant les intérêts des populations.
L’atelier a également permis aux participants de renforcer leurs connaissances. Lors des restitutions des travaux de groupes, plusieurs d’entre eux ont reconnu avoir découvert des concepts qu’ils ne maîtrisaient pas auparavant, notamment autour du mécanisme REDD+ et du marché carbone.
Pour le ROSCCET, le travail ne s’arrête pas à cette rencontre. « Il faut continuer à sensibiliser afin que l’information atteigne le plus grand nombre. Un seul atelier ne suffit pas », a souligné le coordonnateur.
Pour le réseau, les conclusions et positions issues de cette rencontre seront portées auprès des décideurs publics et des acteurs engagés dans les négociations climatiques. Car, il faut une meilleure prise en compte des préoccupations des communautés locales dans les politiques environnementales et climatiques du pays.

