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BIODIVERSITE : COMMENT L’AMBITION DE REBOISEMENT DU TOGO S’INSCRIT DANS LES ENGAGEMENTS DE KUNMING-MONTREAL

45 jours d’articles pour annoncer juin 2026 / EPISODE 43

Alors que le Togo poursuit son ambitieuse politique de restauration des paysages et de reboisement, avec notamment l’objectif de planter un milliard d’arbres d’ici 2030, une question nous revient ces derniers temps : quel lien existe-t-il entre cette initiative nationale et les engagements pris dans le cadre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal adopté lors de la COP15 ?

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Pour M. ANTHE Komi Jonas, Inspecteur des Ressources forestières et Directeur général de l’Office de Développement et d’Exploitation des Forêts (ODEF), il est essentiel de distinguer deux notions souvent confondues : le reboisement et les aires protégées.

« Le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal ne parle pas uniquement de plantations forestières. Sa cible phare à l’horizon 2030 concerne principalement les aires protégées, c’est-à-dire des espaces dédiés à la conservation durable de la biodiversité, incluant à la fois la flore et la faune », explique-t-il.

La cible mondiale des 30 %

Adopté à l’issue de la COP15 sur la biodiversité, tenue en deux phases entre Kunming, en Chine, et Montréal, au Canada, l’accord fixe notamment l’objectif mondial de protéger 30 % des terres et des espaces marins d’ici 2030.

Selon le Directeur général de l’ODEF, cette cible ne signifie pas que chaque pays doit consacrer 30 % de son territoire à des aires protégées. « Il s’agit d’un objectif mondial. Chaque pays apporte sa contribution en fonction de ses réalités. Le Togo participe à cet effort collectif en augmentant progressivement la superficie de ses espaces de conservation », précise-t-il.

Le défi togolais : passer de 8 % à 20 % d’aires protégées

Aujourd’hui, les aires protégées couvrent environ 8 % du territoire national. Ce chiffre est en recul par rapport aux décennies précédentes, où elles représentaient près de 14 % du territoire avant plusieurs processus de rétrocession et l’installation de populations dans certaines zones.

Parmi les espaces encore relativement préservés figurent notamment les complexes d’aires protégées d’Oti-Kéran-Mandouri, de Togodo Nord et Togodo Sud, ainsi que Fazao-Malfakassa, l’une des plus vastes réserves du pays.

Face à cette situation, le Togo s’est fixé une ambition nationale de porter la part des aires protégées à 20 % d’ici 2030. Cette progression passera non seulement par la récupération et la réhabilitation des espaces existants, mais également par la valorisation des forêts communautaires.

« Lorsqu’une forêt communautaire comporte un noyau central consacré à la conservation, où les ressources naturelles sont protégées de toute exploitation, elle peut contribuer aux objectifs de conservation de la biodiversité », souligne M. ANTHE Komi Jonas.

En revanche, les simples plantations forestières destinées à être exploitées plus tard ne sont pas considérées comme des aires protégées au sens du Cadre mondial pour la biodiversité.

Restaurer les écosystèmes dégradés

Au-delà des aires protégées, le Togo s’est également engagé dans la restauration des paysages dégradés à travers l’initiative africaine AFR100, qui vise la restauration de 100 millions d’hectares de terres à travers le continent. Dans ce cadre, le pays s’est fixé ses propres objectifs de restauration écologique.

Les efforts se concentrent notamment sur les zones agricoles fortement dégradées, les mangroves du littoral, les forêts galeries situées le long des cours d’eau ainsi que les écosystèmes fragilisés par la déforestation et les pressions humaines.

« Ce sont des espaces prioritaires où il faut restaurer le couvert végétal afin de retrouver progressivement les fonctions écologiques perdues », explique M. ANTHE Komi Jonas.

Le milliard d’arbres, un levier pour atteindre les engagements internationaux

Pour le Directeur général de l’ODEF, l’ambition nationale de planter un milliard d’arbres constitue un outil stratégique au service des engagements environnementaux du pays. Cette initiative contribue directement à la politique forestière nationale, qui vise à porter le taux de couverture forestière du Togo à 26 %, contre environ 24,24 % actuellement.

Toutefois, il insiste sur une distinction fondamentale : la couverture forestière et les aires protégées ne répondent pas aux mêmes indicateurs.

La couverture forestière englobe l’ensemble des formations végétales, y compris les plantations forestières destinées à la production. Les aires protégées, elles, sont spécifiquement consacrées à la conservation durable de la biodiversité.

« L’ambition du milliard d’arbres est un moyen de renforcer la restauration des paysages et d’augmenter le couvert forestier national. Elle vient soutenir les objectifs que le Togo s’est fixés dans le cadre de l’AFR100, de la restauration des écosystèmes dégradés pour le compte de l’accord de Kunming-Montréal et de sa stratégie nationale pour la biodiversité », conclut-il.

À travers ces différentes initiatives, le Togo cherche ainsi à concilier restauration écologique, conservation de la biodiversité et développement durable, tout en apportant sa contribution à l’effort mondial engagé pour enrayer l’érosion de la nature à l’horizon 2030.

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