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REBOISEMENT ET CONFLITS FONCIERS : A QUI APPARTIENT LES TERRES QU’ON REBOISE ?

45 jours d’articles pour annoncer juin 2026 / EPISODE 36

Au Togo, les campagnes de reboisement se multiplient depuis plusieurs années dans le cadre de la lutte contre la déforestation et le changement climatique. Des millions de plants sont mis en terre chaque année avec l’ambition de restaurer le couvert forestier national. Mais derrière cette mobilisation écologique grandissante, une question sensible émerge progressivement dans plusieurs localités : à qui appartient réellement la terre sur laquelle on plante les arbres ?

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Dans certaines communautés rurales, le reboisement devient parfois une source de tensions silencieuses entre familles, agriculteurs, collectivités et autorités traditionnelles. Car planter un arbre ne représente pas seulement un geste environnemental. Dans plusieurs régions du pays, cela peut aussi être perçu comme une manière d’occuper durablement une terre.

Dans les zones rurales togolaises, la terre reste majoritairement gérée selon les règles coutumières. Les chefs traditionnels et les familles détentrices des terres jouent un rôle central dans l’attribution des espaces agricoles ou forestiers.

Mais avec les programmes de reboisement intensif, certaines incompréhensions apparaissent. Des agriculteurs hésitent parfois à accepter des plantations sur leurs parcelles, craignant de perdre à long terme leurs droits d’exploitation.

« Chez nous, quand quelqu’un plante des arbres sur une terre, cela peut être interprété comme une volonté d’appropriation », explique un agriculteur d’Agbonou dans les Plateaux.

Dans certaines localités, des tensions naissent également autour des bénéfices futurs liés au bois, notamment lorsque des espèces à forte valeur économique comme le teck sont plantées. Pour le Directeur Régional de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique des Plateaux-Est, c’est un autre débat entre les autorités et les privés qui cèdent leurs terres « S’il y a un contrat de reboisement entre un particulier et l’État, les clauses seront définies au départ » a expliqué le Commandant GBENIN Kodjo Benjamin.

Face à la dégradation des sols et à la disparition progressive des forêts, plusieurs communautés reconnaissent pourtant l’importance du reboisement.

Dans la région Centrale, dans la préfecture de Blitta plus précisément à Pagala Gare, un leader confie que les populations commencent à prendre conscience des conséquences de la déforestation. « Les pluies changent, les terres deviennent pauvres et les rivières diminuent. Nous savons que nous devons protéger les arbres, mais il faut aussi respecter les réalités foncières des villages. »

Dans cette localité, le Réseau des Femmes Africaines pour la gestion Communautaire des Forêts (REFACOF-Togo) a opéré plusieurs reboisements sur plusieurs hectares à l’instar du site du Campement qui borde leur fleuve.

Quand a ce qui concerne la disponibilité des espaces à reboiser, le problème semble être le même dans toutes les régions. Et comme le disait le ministre Foli-Bazi Katari, tous les togolais doivent comprendre la nécessité du reboisement et y contribuer chacun à sa manière. Les autorités locales et les acteurs environnementaux tentent alors de privilégier les approches communautaires afin d’éviter les tensions. D’où l’implication des mairies pour la mise à disposition des réserves administratives et autres espaces. Sur ce point, d’autres inquiétudes se posent encore selon l’explication du commandant GBENIN « Les flancs des montagnes qui sont normalement des propriétés de l’État, les berges des fleuves, sont occupés et parfois même lotis par les communautés. Ensuite, les réserves administratives des communes, qui devraient rester disponibles, sont en majorité occupées de façon illégale ».

Affaire de foncier et les questions de disponibilité de terres pour le reboisement, plusieurs zones d’ombres restent à éclairer. Mais ce qui est important aujourd’hui, c’est qu’il faut atteindre 1 milliard d’arbres à l’horizon 2030.

Hashtag : #45JrsCapSurJuin2026

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