NEGOCIATIONS SUR LE TRAITE MONDIAL CONTRE LA POLLUTION PLASTIQUE : JULIO CORDANO HERITE D’UN PLAT CHAUD
La troisième partie de la cinquième session du Comité intergouvernemental de négociation chargé d’élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique, y compris dans le milieu marin (CIN-5.3), s’est tenue à Genève le 7 février 2026 au CICG.

Cette session exceptionnelle, d’une durée d’une journée, intervient dans un contexte marqué par des blocages persistants et vise principalement à élire un nouveau président du Comité, à la suite de la démission du précédent, Luis Vayas Valdivieso, le 31 octobre 2025.
La coalition Francophonie Zéro Plastique est représentée à cette session par Jules Vagner et Prince Maboussou, témoignant de l’engagement continu des acteurs francophones de la société civile dans ce processus multilatéral crucial pour l’avenir de la planète.
Une étape décisive pour relancer les négociations
L’élection d’un nouveau président constitue une étape essentielle pour restaurer la dynamique des négociations et permettre des avancées concrètes vers un traité ambitieux et efficace. Malgré les difficultés rencontrées lors des sessions précédentes, le mandat du Comité demeure inchangé : mettre fin à la pollution plastique sur l’ensemble de son cycle de vie, de la production à la gestion des déchets, en passant par la consommation.
À l’issue de la session, Julio Cordano a été élu nouveau Président du Comité intergouvernemental de négociation (INC). Sa désignation intervient à un moment critique du processus, où les attentes de la communauté internationale, de la société civile et des scientifiques sont particulièrement élevées. C’est donc un dossier épineux dont a hérité l’ambassadeur Julio Cordano. Le Chilien est sorti vainqueur des élections au poste de président du Comité intergouvernemental de négociation (INC), réuni ce samedi 7 février à Genève et chargé d’élaborer un traité contre la pollution plastique.
Julio Cordano a été élu après plusieurs tours de vote, révélateurs des désaccords entre les différents groupes d’États. Le poste de président était également brigué par les représentants du Sénégal et du Pakistan. « La pollution plastique est un problème qui concerne l’ensemble des pays. En tant que tâche qui nous incombe, l’entente autour d’un traité est donc requise d’urgence », a déclaré l’ambassadeur Cordano devant le comité, lors de sa prise de fonction.
Appel à un leadership fort et à une ambition accrue
Réagissant à cette élection, Jules Vagner, coordinateur de la coalition internationale Francophonie Zéro Plastique, a salué la nomination du nouveau président tout en soulignant les responsabilités qui l’accompagnent. « Nous félicitons le nouveau président élu et reconnaissons la responsabilité qui lui incombe pour guider ce processus de négociations à un moment critique. Les derniers mois ont montré que la facilitation seule ne suffit plus et que nous avons désormais besoin d’une direction claire et exigeante », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé le caractère systémique de la pollution plastique et la nécessité de s’attaquer à ses causes profondes : « La pollution plastique est une crise systémique. Restaurer la confiance dans ce processus implique de l’aligner sur la science, la santé humaine et la justice, et de faire face frontalement à la surproduction de plastique. Le monde ne demande pas la perfection ; il demande de l’ambition et des actions à la source. Nous serons là et exigeants ».
Rappelons que plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, dont la moitié est destinée à la fabrication d’articles à usage unique. C’est dans cette logique que la communauté internationale est donc appelée à franchir une étape décisive pour sortir de l’impasse et bâtir un traité mondial capable de répondre à l’urgence environnementale et sanitaire liée à la pollution plastique. Car on déjà des microplastiques ont été retrouvés sur les plus hauts sommets montagneux et dans les fosses océaniques les plus profondes.
Hervé Levert
