« LA POLLUTION ATMOSPHERIQUE EST UN TUEUR INVISIBLE » : M. LANTAM DJERI-WAKE APPELLE A UNE MOBILISATION COLLECTIVE
Par Hervé Levert
À l’occasion de l’atelier de validation de l’étude d’impact sanitaire, climatique et économique de la pollution atmosphérique dans le Grand Lomé et la région Maritime, le coordonnateur du Projet Qualité de l’Air au Togo (PQAT), M. Lantam DJERI-WAKE, revient sur les objectifs de cette initiative gouvernementale. Dans cet entretien, il explique les enjeux du projet, les résultats attendus des études et l’importance d’une action concertée pour améliorer durablement la qualité de l’air au Togo.

Qu’est-ce que le Projet Qualité de l’Air au Togo ?
Le Projet Qualité de l’Air au Togo a été initié en 2023 par le gouvernement togolais. Sa conception a bénéficié de l’appui technique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Coalition pour le climat et l’air pur. Cette initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement de renforcer la gouvernance environnementale et de répondre aux défis liés à la pollution atmosphérique, qui est étroitement liée aux changements climatiques et à leurs impacts sanitaires, sociaux et économiques.
Quels sont les principaux objectifs du projet ?
Le projet vise avant tout à améliorer la connaissance de la qualité de l’air grâce à l’installation d’équipements de surveillance permettant de mesurer en temps réel les concentrations de polluants. Ces données serviront ensuite à évaluer les impacts de la pollution sur la santé des populations, l’environnement et les activités économiques. Elles permettront également d’identifier les solutions les plus adaptées pour réduire les émissions polluantes et améliorer le cadre de vie des citoyens.
Le projet couvre-t-il l’ensemble du territoire national ?
Le projet cible 11 villes réparties dans 23 communes. Il couvre les 13 communes du Grand Lomé ainsi que dix autres communes situées dans différentes régions du pays, notamment Aného, Tsévié, Tabligbo, Kpalimé, Notsè, Sokodé, Kara, Mango et Dapaong. L’objectif est de disposer progressivement d’une vision nationale de la qualité de l’air.
Pourquoi avoir commencé les études par le Grand Lomé et la région Maritime ?
Le Grand Lomé représente moins de 1 % du territoire national mais concentre environ 27 % de la population togolaise. C’est également le principal pôle économique du pays. Il était donc pertinent de commencer par cette zone. Les résultats obtenus serviront de base scientifique et méthodologique pour les études qui seront menées dans les autres régions.
Que peut-on attendre après la validation de cette étude ?
Cette étude constitue une avancée majeure, car elle permet pour la première fois d’établir un lien entre les sources de pollution atmosphérique et leurs impacts sanitaires, sociaux et économiques. Les analyses restent préliminaires, mais avec les données qui seront collectées grâce au dispositif de surveillance, nous pourrons affiner notre compréhension des effets de la pollution sur les populations et mieux orienter les politiques publiques. L’intérêt manifesté par les différents secteurs nous rassure quant à l’engagement collectif nécessaire pour relever ce défi.
L’étude accorde une place importante à la santé. Pourquoi ce choix ?
Parce que la santé n’a pas de prix. Lorsque l’on parle de pollution atmosphérique, on pense souvent aux maladies respiratoires. Mais les impacts vont bien au-delà. Certains polluants affectent également le système cardiovasculaire, le système nerveux, la peau, les yeux et d’autres fonctions de l’organisme. L’étude met en évidence la gravité de ces effets et contribue à sensibiliser l’ensemble des acteurs. L’OMS qualifie d’ailleurs la pollution atmosphérique de « tueur invisible », une expression qui prend tout son sens au regard des résultats obtenus.
Quel message souhaitez-vous adresser aux populations et aux acteurs concernés ?
Nous sommes encore au début du processus. Les résultats ne seront visibles que si tous les acteurs s’approprient les recommandations de l’étude. Cela implique une transition vers des modes de consommation et de production plus durables. Les ménages peuvent adopter des comportements plus écocitoyens en améliorant la gestion des déchets et en limitant leur brûlage. Les entreprises, quant à elles, gagneraient à investir dans des procédés de production plus propres et plus efficaces. Cette transition est bénéfique à la fois pour l’environnement, la santé publique et la compétitivité économique. En réalité, nous avons tous à y gagner.
Merci monsieur le coordonnateur DJERI-WAKE !
Merci !

