ÉNERGIE EN AFRIQUE : L’URGENCE D’UNE VOIX UNIFIEE FACE AUX DEFIS CLIMATIQUES ET GEOPOLITIQUES
Par la Rédaction
Alors que la gouvernance énergétique mondiale se redéfinit sous l’effet des contentieux climatiques et des tensions géopolitiques, l’Afrique se retrouve à un tournant stratégique. Selon la Chambre africaine de l’énergie, le continent doit impérativement coordonner ses politiques énergétiques pour éviter de subir des décisions prises ailleurs.

L’intervention récente de l’AEC devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples illustre cet enjeu. Cette affaire, initiée par l’Union panafricaine des avocats, vise à clarifier les obligations climatiques des États africains, avec des conséquences directes sur l’industrialisation et l’accès à l’énergie.
Mais le constat est clair : la gouvernance énergétique africaine reste fragmentée. Multiplicité d’acteurs, politiques divergentes et absence d’alignement affaiblissent la position du continent dans les négociations internationales. « Trop souvent, l’Afrique se présente aux débats mondiaux sur l’énergie en étant divisée », souligne NJ Ayuk président exécutif de l’AEC, qui appelle à une stratégie collective car d’autres acteurs sont organisés et agissent de manière stratégique.
Des organisations comme l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et l’Organisation des producteurs africains de pétrole démontrent pourtant l’efficacité d’une action coordonnée, notamment lors de la stabilisation des marchés pétroliers après la crise de 2020. Toutefois, cette coordination reste insuffisante dans les sphères juridiques et politiques où se jouent désormais les grandes orientations énergétiques.
L’enjeu est d’autant plus crucial que plus de 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité. Le continent doit donc relever un double défi : accélérer la transition énergétique tout en soutenant son développement économique. « Si nous ne coordonnons pas nos politiques, nos messages et nos positions juridiques, les décisions concernant l’avenir énergétique de l’Afrique seront prises sans que l’Afrique ne soit présente à la table des négociations. L’unité n’est plus une option ; c’est la manière dont nous protégeons nos ressources, attirons les investissements et assurons notre développement. », avertit NJ Ayuk président exécutif de l’AEC.
Face à cette réalité, une coordination institutionnelle renforcée apparaît comme une nécessité stratégique. Elle permettrait à l’Afrique de défendre une transition énergétique adaptée à ses besoins, intégrant à la fois les impératifs climatiques et le rôle des hydrocarbures dans son développement.
