KWAMI KPONDZO : « IL EST URGENT DE RENFORCER LA JUSTICE ENVIRONNEMENTALE FACE AUX CRISES QUI FRAPPENT LES COMMUNAUTES AFRICAINES »
Interview réalisée par Hervé Levert
Organisée du 24 au 26 mars 2026 au Togo, l’École de justice environnementale et sociale en Afrique, initiée par le Centre de Justice Environnementale (CJE-Togo), a réuni plusieurs acteurs venus de divers pays du continent. À cette occasion, son directeur exécutif, Kwami KPONDZO, revient sur les motivations, les enjeux et les attentes de cette rencontre continentale, au micro de Eplus Médias.

Bonjour Directeur. Vous avez entamé un atelier d’École de formation à la justice environnementale et sociale le 24 mars 2026. Quels sont les motifs de cette initiative ?
Aujourd’hui, en Afrique, nous faisons face à de nombreux défis environnementaux et sociaux. Les communautés à la base souffrent énormément des crises actuelles, notamment celles liées au changement climatique. Ces difficultés trouvent leur origine dans des systèmes d’oppression comme l’impérialisme, le capitalisme et le colonialisme. Les projets de développement impactent fortement les populations et aggravent la crise climatique. Il était donc nécessaire de créer un espace de dialogue et d’apprentissage pour permettre aux organisations de la société civile et aux communautés de mieux comprendre ces enjeux et de mener une lutte collective pour améliorer leurs conditions de vie.
Sur combien de jours s’est déroulée l’édition 4 de cette école et quels sont les pays représentés ?
L’école se tient sur trois jours, du 24 au 26 mars 2026. Elle réunit des participants venus de plusieurs pays africains, notamment l’Ouganda, le Kenya, le Nigeria, la RDC et le Congo-Brazzaville et le Togo. L’objectif est de créer une synergie continentale afin de réfléchir ensemble aux problèmes communs, tels que l’extractivisme, la perte de biodiversité ou encore la dégradation des terres.
Pouvez-vous nous présenter les principales thématiques abordées durant les 3 jours ?
Le premier jour a été consacré à la géoingénierie. Nous avons analysé ses différentes formes: solaire, marine et terrestre ainsi que les risques qu’elles comportent pour la nature et les communautés. Le deuxième jour a porté sur les fausses solutions climatiques, comme la REDD+ ou le marché carbone, qui selon nous ne résolvent pas durablement la crise climatique. Enfin, le troisième jour a mis l’accent sur les solutions locales, notamment l’agroécologie, la transition juste et la mobilisation communautaire.
Quels résultats attendiez-vous à l’issue de cette formation ?
Nous visons trois résultats principaux. D’abord, permettre aux participants de mieux comprendre les concepts liés à la justice environnementale et climatique. Ensuite, valoriser les solutions locales, comme l’agroécologie et les savoirs traditionnels. Enfin, renforcer les alliances entre organisations africaines pour construire un mouvement solide et solidaire en faveur de la protection de l’environnement et des droits des communautés.
Un mot de fin ?
Il est essentiel de mobiliser les communautés et de leur donner le pouvoir d’agir. Dire non aux pratiques destructrices comme l’extractivisme et oui à des solutions durables est un droit fondamental. Ensemble, nous pouvons construire un avenir meilleur pour notre planète et pour les générations futures.
