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CHALLENGE DES 10 HEURES : ANAS ET FEMI, ENTRE DEPASSEMENT DE SOI ET ENGAGEMENT POUR L’ENVIRONNEMENT

Par la Rédaction

Dix heures de collecte de déchets sous le soleil, la fatigue et la chaleur, mais une détermination intacte jusqu’au bout. Aux côtés de son binôme Fémi, Anas Seko a relevé le défi en faisant de cette expérience bien plus qu’une simple opération de salubrité. À travers cette initiative qui a eu lieu le samedi 19 septembre 2026 dans le quartier de Kpakpakanmè (Arrondissement d’Agblangandan, Commune de Sèmè-Podji, Département de l’Ouémé), il entendait sensibiliser sur la problématique des déchets, produire des données de terrain et rappeler l’importance de réduire les déchets à la source. Au terme du challenge, marqué par la collecte de 288,5 kg de déchets, Anas revient sur les moments forts de cette journée, les enseignements tirés et leur engagement pour une gestion plus responsable des déchets.

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Voici l’intégralité de l’interview accordée à Eplus Média.

Ça y est, les 10 heures sont terminées. Qu’est-ce que vous ressentez ?

Je ressens d’abord une grande fierté personnelle, parce que je me suis surpassé. Ma binôme, Fémi, s’est également surpassée. Nous ressentons toutes les deux un sentiment d’accomplissement, parce que nous avons réussi à relever ce défi malgré les difficultés de la journée.

Nous sommes aussi heureux d’avoir contribué à la salubrité publique et à la sensibilisation environnementale. Et je suis particulièrement fier de cette équipe de jeunes qui a tout organisé pour nous permettre de nous concentrer sur le challenge.

Comment avez-vous vécu toute la journée ?

Globalement, la journée s’est bien passée. La période entre midi et 15 heures a été particulièrement difficile à cause du soleil et de la chaleur. La fatigue commençait à se faire sentir ensuite, les jambes et les cuisses devenaient lourdes. Nous étions épuisés. Mais nous avons avancé progressivement, heure après heure, et nous sommes finalement arrivés au bout.

Quel a été le moment le plus difficile de ces 10 heures ?

Le moment le plus difficile était clairement entre midi et 15 heures, avec la forte chaleur et le soleil. C’est à ce moment que la fatigue physique était la plus importante.

Au cours du challenge ou du ramassage, vous est-il arrivé d’abandonner ?

Non, à aucun moment je n’ai pensé à abandonner. Dès le départ, nous avions décidé, Fémi et moi, d’aller jusqu’au bout. Nous nous motivions mutuellement et nous adaptions notre rythme. Par moment, nous nous accroupissions simplement pour reprendre un peu de force avant de continuer.

Qu’est-ce qui vous a permis de tenir longtemps jusqu’à la fin ?

C’est surtout mon engagement environnemental qui m’a permis de tenir. J’avais conscience que ce challenge allait au-delà de la simple collecte de déchets. Il s’agissait aussi de sensibiliser, de produire des données sur le terrain et de porter un message sur la gestion des déchets. Cette volonté de contribuer à la sensibilisation environnementale a été mon principal fil conducteur.

Y a-t-il quelque chose vous a le plus marqué pendant la collecte ?

Ce qui m’a le plus marqué, c’est de voir certaines personnes et certains enfants venir spontanément nous encourager ou même collecter des déchets avec nous. Ces réactions montrent qu’une action sur le terrain peut aussi donner envie à d’autres personnes de participer.

Avez-vous été surpris par la quantité ou le type de déchets retrouvés ?

Oui, énormément. Même si je suis habitué aux questions liées aux déchets, je suis toujours surpris par les quantités que l’on peut retrouver dans certaines zones. Nous avons notamment retrouvé beaucoup de sachets plastiques, de sachets d’eau usagés et de bouteilles en plastique.

Fémi, qui participait pour la première fois à ce type de challenge avec moi, a également été très marquée par la quantité de déchets collectés.

Quel enseignement tirez-vous de ces 10 heures sur la problématique des déchets ?

Je retiens surtout une chose, le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. La lutte contre la mauvaise gestion des déchets a encore beaucoup de chemin à parcourir. Et lorsqu’on parle de gestion écologiquement rationnelle des déchets, il faut aussi parler de prévention et de réduction à la source.

Un déchet était d’abord un produit. Et ce produit a déjà nécessité des matières premières, de l’énergie, de l’eau et d’autres ressources pour être produit. C’est pourquoi il est important de réduire les déchets à la source, notamment en limitant les produits à usage unique et en adoptant davantage de pratique zéro déchet.

Qu’est-ce que cette expérience a changé dans votre manière de voir les déchets ?

Elle renforce surtout une conviction que j’ai déjà, « si nous continuons à produire énormément de déchets, les problèmes finiront toujours par dépasser les capacités de gestion et les solutions mises en place. La collecte est nécessaire, mais elle ne peut pas être la seule réponse. Il faut aussi réduire la production de déchets et repenser nos habitudes de consommation. »

Au-delà des déchets collectés, quel était le véritable objectif de ce challenge ?

Le véritable objectif était d’attirer l’attention sur la problématique des déchets et de faire passer un message environnemental. Mais nous voulions également produire des données sur le terrain. Ces données peuvent servir à la sensibilisation, au plaidoyer, à la formation et à une meilleure compréhension de la réalité des déchets.

Quel a été le résultat de l’audit des déchets réalisé pendant le challenge ?

Un audit des déchets a été conduit par VEDI Action, avec plusieurs bénévoles que nous remercions du fond du cœur. Il a permis de recenser 4 248 sacs plastiques, 1 722 sachets d’eau, 1 712 bouteilles en plastique, 1 247 emballages de détergent OMO Klin, 590 déchets textiles, 378 plastiques divers et 128 chaussures, pour un poids total de 288,5 kg de déchets.

Quel message envoyez-vous aux personnes qui ont vu cette action pratique ?

La préservation de l’environnement n’est pas une question de goût ou de préférence personnelle. Elle concerne tout le monde, parce qu’elle touche directement notre cadre de vie et notre santé. Il est donc important de mieux nous informer, de réduire notre empreinte environnementale et d’adopter progressivement des pratiques plus responsables, notamment en réduisant les déchets à la source.

Si seulement trois mots devaient résumer ces 10 heures, lesquels choisirez-vous ?

Engagement, dépassement, sensibilisation.

Prépareriez-vous pour refaire le même challenge ?

Non. C’était une initiative ponctuelle. Je voulais relever ce défi et utiliser cette expérience pour sensibiliser sur la problématique des déchets. Maintenant, l’objectif est surtout de continuer le travail de sensibilisation et de plaidoyer sous d’autres formes.

Maintenant que les 10 heures sont terminées, quelle est la prochaine étape ?

La prochaine étape, c’est de valoriser ce qui a été produit pendant le challenge, les données, les observations et les enseignements du terrain. L’objectif est de continuer à sensibiliser, à faire du plaidoyer et à encourager des changements de pratiques, notamment la réduction des déchets à la source.

FIN.

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