SANTE PUBLIQUE : LE BENIN INTERDIT 12 PRODUITS COSMETIQUES JUGES DANGEREUX
Par la Rédaction
Les autorités béninoises ont décidé de hausser le ton face à la prolifération des produits cosmétiques éclaircissants aux effets nocifs sur la santé. À travers un communiqué officiel publié le 8 mai 2026, l’Agence béninoise du médicament et des autres produits de santé (ABMed) a annoncé l’interdiction formelle de douze produits cosmétiques dépigmentants sur toute l’étendue du territoire béninois.

Cette décision intervient dans un contexte où l’usage des produits éclaircissants continue de gagner du terrain dans plusieurs pays africains, malgré les nombreux risques sanitaires régulièrement dénoncés par les professionnels de santé.
Selon l’ABMed, les produits visés contiennent des substances chimiques dangereuses susceptibles de fragiliser la peau et d’exposer les utilisateurs à de graves complications. L’agence évoque notamment des infections cutanées, des troubles de la pigmentation, des lésions sévères de la peau et, dans certains cas, un risque accru de cancer cutané.
Parmi les produits désormais interdits figurent plusieurs marques populaires bien connues sur les marchés et dans les boutiques de beauté : Epiderm Crème, Caro Light, Fair & White, Rapid Clair, Skin Light, Abidjanaise, Dermaclair, Movate, Dermovate, Coco Pulp, Clobetaderm White Cream ainsi que Glutanex Injectable.
Dans son communiqué, l’Agence béninoise du médicament et des autres produits de santé appelle les consommateurs à cesser immédiatement l’utilisation de ces produits. Les commerçants et distributeurs sont également invités à retirer sans délai ces articles des rayons et des points de vente.
Pour faciliter les signalements, l’agence a mis à disposition un numéro vert, le 01 51 20 98 15, ainsi qu’une plateforme en ligne permettant à la population de dénoncer tout produit suspect encore commercialisé.
Derrière cette mesure, les autorités béninoises cherchent surtout à protéger la santé publique face à un phénomène devenu préoccupant. De nombreuses crèmes dépigmentantes contiennent en effet de l’hydroquinone, des corticoïdes puissants ou d’autres substances chimiques interdites à long terme dans les produits cosmétiques.
Si ces produits promettent une peau plus claire en quelques semaines, les spécialistes alertent depuis plusieurs années sur leurs conséquences parfois irréversibles : peau fragilisée, vergetures, acné sévère, hypertension, diabète cutané ou encore cancers de la peau.
Au-delà de l’annonce officielle, plusieurs observateurs estiment toutefois que le véritable défi reste l’application stricte de cette interdiction sur le terrain. Dans de nombreux marchés africains, les produits dépigmentants circulent encore facilement, souvent sans contrôle réel ni traçabilité.
Cette décision du Bénin pourrait ainsi relancer le débat sur la réglementation des cosmétiques éclaircissants en Afrique de l’Ouest et sur la nécessité de renforcer les campagnes de sensibilisation autour des dangers liés à la dépigmentation volontaire.
Les autorités sanitaires recommandent enfin aux consommateurs de privilégier des produits certifiés et de consulter un professionnel de santé en cas de doute ou de réaction cutanée suspecte.
