SACHETS PLASTIQUES ET REPAS SCOLAIRES : LE MMLK ALERTE SUR UN DANGER SANITAIRE MAJEUR POUR LES ELEVES
Face à l’utilisation persistante des sachets plastiques non biodégradables pour l’emballage des repas destinés aux élèves, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) tire la sonnette d’alarme. Dans cette interview, son président, le pasteur Edoh Komi, revient sur les risques sanitaires majeurs pour les enfants, plaide pour des mesures fermes dans les milieux scolaires et appelle à une mobilisation collective pour garantir une alimentation saine et sécurisée aux élèves togolais.

Quelles sont, selon vous, les conséquences sanitaires les plus préoccupantes liées à l’utilisation de sachets plastiques pour emballer des nourritures chaudes destinées aux élèves ?
L’utilisation de sachets plastiques non biodégradables pour emballer des nourritures chaudes constitue un réel danger pour la santé des élèves. Ces sachets contiennent des substances chimiques qui, sous l’effet de la chaleur, migrent facilement vers les aliments. Cette contamination peut provoquer, à long terme, de graves maladies, notamment des cancers et d’autres pathologies aux conséquences dévastatrices. C’est donc la santé et l’avenir même des élèves qui sont compromis. Cette pratique doit être interdite sans complaisance.
Quelles mesures concrètes le Mouvement Martin Luther King propose-t-il aux autorités et aux établissements scolaires pour mettre fin à cette pratique ?
Le MMLK exige, en premier lieu, que les revendeuses de nourriture opérant dans les milieux scolaires disposent d’une autorisation officielle ou d’une attestation délivrée par les services d’hygiène ou les mairies, attestant de leur aptitude à exercer cette activité.
Ensuite, il faut interdire formellement la vente de nourriture emballée dans des sachets plastiques non biodégradables aux abords et à l’intérieur des établissements scolaires. Nous préconisons également la promotion de contenants alimentaires réutilisables et biodégradables.
Par ailleurs, il est essentiel de sensibiliser les élèves et les revendeuses sur les risques sanitaires liés à la consommation d’aliments emballés dans des sachets plastiques. Les enseignants et les responsables d’établissements scolaires doivent faire preuve de rigueur. On ne peut pas faire consommer n’importe quoi aux élèves.
Le MMLK prévoit également des opérations de contrôle dans les établissements scolaires afin de vérifier la qualité, la provenance et la date de validité des aliments servis aux élèves, notamment les conserves, les produits transformés et autres denrées utilisées.
Comment le MMLK compte-t-il sensibiliser les élèves, les parents et les revendeuses sur les dangers des sachets plastiques et sur les alternatives plus sûres ?
Une vaste campagne de sensibilisation sera bientôt lancée à travers nos coordinations. Elle comprendra des actions de proximité, des supports visuels, des pancartes, ainsi que des spots de communication dédiés.
L’école étant le creuset de la relève de demain, cette campagne concernera tous les niveaux d’enseignement, du primaire jusqu’à l’université. Elle sera menée en collaboration avec les autorités en charge de l’éducation, de la santé et de l’environnement. L’objectif est d’ancrer durablement de bons réflexes et de nouvelles habitudes.
Pensez-vous que l’utilisation de contenants réutilisables et biodégradables est réaliste et accessible pour toutes les écoles du Togo ? Quels obstacles pourraient se présenter ?
La problématique des sachets plastiques non biodégradables ne concerne pas uniquement les écoles, mais l’ensemble du territoire national. Les contenants réutilisables assiettes, plats, gobelets sont une alternative réaliste et plus saine.
Certes, certains obstacles subsistent, notamment les habitudes bien ancrées et les résistances au changement. Mais il s’agit avant tout d’un défi éducatif. Une loi interdit déjà l’utilisation des sachets plastiques non biodégradables ; il faut désormais renforcer l’éducation et la sensibilisation pour faire évoluer les comportements.
Par exemple, une personne qui achète de la bouillie devrait venir avec son propre contenant. Ce sont les habitudes qu’il faut changer pour protéger la santé de tous.
Au-delà des emballages plastiques, quelles autres préoccupations liées à la sécurité alimentaire et à l’hygiène des repas scolaires le MMLK souhaite-t-il porter à l’attention des autorités ?
Au-delà des emballages, la principale préoccupation reste la qualité des repas servis aux élèves. Nous devons nous assurer que les denrées utilisées ne sont pas périmées et qu’il s’agit d’aliments sains et de qualité, et non de produits impropres à la consommation.
Les denrées périmées deviennent toxiques et représentent un réel danger pour la santé humaine. Le MMLK appelle les autorités compétentes à renforcer les contrôles et invite les journalistes à continuer de nous accompagner dans ce combat. Ensemble, nous pouvons sauver des vies et préparer une jeunesse togolaise en bonne santé, capable de bâtir le Togo de demain.
Réalisée par Hervé Adjaho
