QUELLE PLACE POUR LE PNJE TOGO DANS LES PRISES DE DECISION NATIONALES ET INTERNATIONALES ?

Hervé Levert

Créé pour porter la voix des jeunes sur les questions d’eau, d’assainissement et d’environnement, le Parlement National de la Jeunesse pour l’Eau du Togo (PNJE Togo) peine encore à s’imposer comme un acteur influent dans les espaces de décision au Togo. Plus de dix ans après sa création, l’organisation reste peu visible dans les grands débats nationaux liés à l’eau, au climat et au développement durable.

Partager cet article sur
PUB Haut Droite

Dans les faits, le PNJE Togo n’apparaît publiquement qu’à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, célébrée chaque 22 mars. Cette présence se limite souvent à une activité symbolique, à une cérémonie ou à une campagne de sensibilisation. Pourtant, les enjeux liés à l’eau et au changement climatique concernent toute l’année les collectivités, les ministères, les partenaires techniques et les communautés.

Cette faible visibilité soulève une interrogation majeure : quelle est réellement la place du PNJE Togo dans les prises de décision sur le plan national et international ?

Une présence discrète dans les politiques publiques

Au niveau national, le PNJE Togo semble encore absent des principaux cadres de concertation et de décision sur les questions environnementales. Les grands forums sur l’eau, les consultations sur les politiques climatiques, les débats autour de la gestion des ressources naturelles ou encore les réflexions sur l’adaptation au changement climatique sont rarement marqués par une prise de parole forte de l’organisation.

Pourtant, les jeunes représentent une part importante de la population togolaise et figurent parmi les premières victimes des conséquences de la crise climatique : pénurie d’eau, dégradation des terres agricoles, inondations, chômage vert ou encore exode rural.

Dans plusieurs communes du pays, les jeunes sont déjà engagés dans des actions de reboisement, de nettoyage, de protection des cours d’eau ou de sensibilisation. Mais ces initiatives locales ne semblent pas encore suffisamment relayées ou structurées par le PNJE Togo pour peser dans les décisions nationales.

L’absence du Parlement national de la jeunesse pour l’eau dans les grandes rencontres officielles peut donner l’impression que les jeunes restent consultés de manière ponctuelle, sans être réellement associés à la définition des politiques publiques.

Un contraste avec l’exemple béninois

La comparaison avec le Bénin met davantage en évidence les limites actuelles du PNJE Togo. Le Parlement Béninois de la Jeunesse pour l’Eau apparaît aujourd’hui comme une organisation beaucoup plus active et mieux intégrée aux dynamiques nationales et internationales.

Au cours des 8 derniers mois, les jeunes parlementaires béninois ont participé à plusieurs activités dans différentes communes et départements du pays. Ils ont été impliqués dans des campagnes de sensibilisation, des consultations locales, des ateliers sur l’eau et l’assainissement, ainsi que dans des projets liés à la résilience climatique.

Le Parlement béninois a également été visible sur la scène internationale, notamment à la Conférence des Parties sur le climat (COP), où ses représentants ont porté la voix des jeunes de leur pays. Cette présence leur a permis de participer aux discussions sur le financement climatique, l’accès à l’eau, l’adaptation et la justice environnementale.

À travers ces différentes initiatives, le Parlement béninois a progressivement acquis une crédibilité qui lui permet aujourd’hui d’être identifié comme un interlocuteur par les autorités et les partenaires.

Le défi de la représentation internationale

Sur le plan international, la présence du PNJE Togo demeure tout aussi limitée. L’organisation est rarement citée parmi les structures togolaises représentées lors des grandes rencontres régionales ou mondiales consacrées à l’eau et au climat.

Cette faible représentation prive la jeunesse togolaise d’une tribune importante. Les conférences internationales constituent pourtant des espaces où les jeunes peuvent partager leurs expériences, défendre leurs préoccupations et nouer des partenariats.

L’absence du PNJE Togo dans ces rencontres peut également avoir des conséquences sur la capacité du pays à bénéficier de certains projets ou financements destinés aux initiatives portées par les jeunes.

Et si on repensait le rôle du PNJE Togo ?

Face à ce constat, l’on peut estimer que le PNJE Togo doit revoir sa stratégie afin de devenir une véritable force de proposition.

L’organisation pourrait d’abord renforcer sa présence dans les communes, les régions et les établissements scolaires à travers des activités régulières et non plus limitées au seul 22 mars. Elle pourrait également créer un réseau permanent de jeunes ambassadeurs de l’eau dans chaque préfecture.

Le PNJE Togo gagnerait aussi à développer un plaidoyer plus soutenu auprès des ministères, des collectivités locales et des partenaires afin d’être associé aux consultations sur les politiques publiques.

Sur le plan international, une participation plus active aux conférences régionales africaines, aux forums sur l’eau et aux COP permettrait à l’organisation de mieux représenter les préoccupations de la jeunesse togolaise.

Enfin, la mise en place de partenariats avec d’autres parlements de jeunesse, comme ce fut le cas déjà avec celui du Bénin, pourrait aider le PNJE Togo à s’inspirer d’expériences plus dynamiques et à renforcer sa propre visibilité.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si la jeunesse togolaise doit avoir sa place dans les décisions liées à l’eau et au climat. Cette place lui revient naturellement. Le véritable enjeu est désormais de permettre au PNJE Togo de devenir un acteur crédible, écouté et présent, aussi bien dans les instances nationales que sur la scène internationale.

Partager cet article sur
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire la suite