ECHO DE LA FOIRE / 20E FIL : ENTRE CELEBRATION ET REALITES DIFFICILES, UNE EDITION EN DEMI-TEINTE
Démarrée le vendredi 28 novembre, la 20e Foire Internationale de Lomé (FIL) poursuit son rythme au CETEF Togo 2000, qui célèbre cette année ses 40 ans d’existence. Cinq jours après l’ouverture, les visiteurs affluent et les allées principales et des pavillons bruissent de conversations, mais un constat frappe immédiatement : de nombreux stands restent vides, inoccupés, donnant à certains pavillons une atmosphère d’attente prolongée.

L’équipe de Eplus Médias s’est intéressée à ce constat. Un tour dans les pavillons, Agou, Mono et Oti, il ne s’agit pas d’un leurre, tout est visible. L’on n’a pas tout de suite pris en compte ces vides dans les pavillons, c’est donc le témoignage reçu dans le pavillon mono qui a suscité cette curiosité.
Des stands trop chers, selon plusieurs exposants
Comparée à l’édition précédente, l’absence ou le retard d’installation de plusieurs exposants est particulièrement visible. Selon Dame Ange (nom d’emprunt) dans le pavillon mono, présente depuis plusieurs éditions, le coût des stands constitue l’un des principaux freins : « Le stand coûte plus de 400 000 francs CFA, c’est trop élevé », confie-t-elle. 
Selon nos informations, les stands hors pavillons surtout les Bar restau sont à 500 milles. Comment ces derniers pourront marchander pour amortir ce fonds de stand ? Et ceux qui vendent Koliko, Khom etc, se situe entre 60 et 80 mille.
Cette hausse ressentie met de nombreux participants sous pression, notamment ceux qui proposent des produits non consommables immédiatement, qui voient les revendeurs agroalimentaires attirer la majorité des clients.
Une connexion Internet défaillante
Pour les exposants qui travaillent en ligne ou dépendent d’un système numérique, la situation est encore plus délicate. Les stands ne sont pas équipés de connexion, contraignant certains à acheter un service Wi-Fi externe.
« Nous sommes obligés d’acheter des Wi-Fi installés, qui, en plus, ne fonctionnent pas toujours. Je viens encore de recharger du crédit juste pour me connecter », explique Dame Ange, visiblement lassée par les coupures répétées et du Wi-Fi et de l’électricité sur la Foire.
Et la communication sur la Foire ?
« Malgré cette somme mirobolante, on ne nous accorde même de communication sur la foire. Vous voyez cet homme qui vient de partir, il est venu me remettre ce papier qu’il faut payer avant qu’on ne parle de notre stand. Regardez vous-même les tarifs. Et tout l’argent qu’on a payé pour le stand, on ne peut pas nous accorder la communication ni le wi-fi » a déballé dame Ange.
Nous sommes réellement sur la foire de toutes les opportunités.
Un anniversaire marqué par des espaces vides
Entre les stands inaccessibles, les tarifs jugés élevés et les difficultés techniques, de nombreux emplacements restent vacants dans cette édition pourtant symbolique pour le CETEF. Ces absences, nombreuses et visibles, interrogent sur les conditions d’accès proposées aux exposants, mais aussi sur la capacité de la foire à refléter l’état réel de l’économie locale.
Pour les exposants, le contexte social et économique actuel est complexe; et plusieurs estiment que les responsables du CETEF devraient réexaminer leur politique tarifaire et leurs services et surtout les conditions avant accès aux badges. Une foire anniversaire qui ne tient pas compte du pouvoir d’achat et des réalités professionnelles risque d’éclipser l’esprit même de la célébration.
La 20e Foire Internationale de Lomé continue, vibrante par endroits, silencieuse par d’autres. Mais entre ambitions festives et frustrations exposantes, l’édition 2025 invite à une réflexion urgente sur l’accessibilité, l’équité et les conditions offertes à ceux qui font vivre l’événement.
Vous payez avant d’avoir les stands, ce qui ne fut pas le cas les années antérieures a-t-on appris. Les expositions fuyaient-ils sans payer à la fin ? Qu’en est-il exactement ? Notre périple n’est pas encore terminé !
(Nous vous faisons vivre les à côté de l’édition anniversaire de la Foire de Lomé)
