DÉSASTRE À KOUVÉ : LES TRANSHUMANTS SANS CŒUR FRAPPENT ENCORE !

Le spectre de la transhumance incontrôlée ressurgit dans les campagnes togolaises, cette fois à Kouvé, où un cultivateur subit pour la énième fois les ravages des troupeaux errants. En pleine crise alimentaire et sous la pression du changement climatique, ce nouvel incident provoque l’indignation et relance le débat sur la gestion de ces conflits récurrents.
Kouvé, 28 juin 2025. Le soleil se lève à peine que le sieur Kouzouahé Koffi, neveu d’un propriétaire terrien de la localité, découvre avec amertume une scène qui lui est devenue tristement familière. Son champ de maïs, d’une superficie de trois hectares, vient une nouvelle fois d’être dévasté par des bœufs en divagation. Le plus révoltant : aucun berger à l’horizon.
« Le 29 mai dernier, les bœufs avaient déjà détruit tout mon champ. Aujourd’hui, à peine un mois plus tard, ils sont revenus et ont encore ravagé une bonne partie. Je sais que si je n’étais pas là, ils vont encore tout détruire », déplore Koffi, visiblement accablé. Pour lui, la répétition de ces actes témoigne de l’impunité dont jouissent certains transhumants dans la zone.
Ce cas n’est pas isolé. Il y a un an, le même champ avait subi le même sort. L’affaire, portée à la gendarmerie, n’avait donné lieu à aucune réparation équitable. Pire, c’est la victime qui s’était retrouvée en position d’accusé. « Quand les bœufs ont détruit mon champ, ils sont entrés ensuite dans le champ voisin. Là-bas, la bagarre a éclaté et le bouvier et le voisin ont été tous deux blessés. À la gendarmerie, on m’a dit que c’est le voisin qui va me payer parce qu’un bouvier a été blessé. C’est incompréhensible », confie-t-il, avec une colère contenue.
Un système de gestion qui ne rassure plus
Pourtant, chaque préfecture dispose désormais d’un comité local de gestion des conflits liés à la transhumance. Mais sur le terrain, ces structures peinent à rassurer les populations. « L’an dernier, je n’ai reçu aucune indemnisation. Et il y a quatre ans, tout mon grenier évalué à plus de 500 000 FCFA a été détruit par les bœufs. J’ai été indemnisé à hauteur de 27 000 FCFA, et j’ai même dû payer 12 500 FCFA pour le déplacement de l’équipe de constat. Où est la justice dans tout ça ? » s’interroge l’Oncle de Koffi, très amer.
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Cette situation survient dans un contexte déjà tendu : famine, flambée des prix le bol de maïs avoisine les 1. 000 FCFA et pluies tardives ou abondantes dues au dérèglement climatique. Dans ce climat, chaque récolte représente un espoir vital pour les cultivateurs, et voir ses efforts anéantis par des animaux errants est vécu comme un drame personnel.
Appel à l’État et aux collectivités
Ce nouveau drame de Kouvé vient rappeler l’urgence d’une véritable réforme dans la gestion de la transhumance au Togo. Les mécanismes existants sont visiblement inefficaces, et les victimes se sentent abandonnées. Des voix s’élèvent pour que les autorités locales et nationales prennent des mesures fermes contre les dévastations agricoles provoquées par les transhumants.
En attendant, à Kouvé, le champ du sieur Koffi reste jonché de tiges brisées et d’épis piétinés. Un nouveau désastre, dans le silence de l’administration. Combien de fois encore faudra-t-il que les agriculteurs payent le prix de l’inertie ?
