BENIN / POLLUTION : GANVIE POUR LE ZERO SACHET PLASTIQUE A L’HORIZON 2030
Par Hervé Levert
Face à la recrudescence de la pollution plastique dans les zones lacustres du sud du Bénin, l’ONG JEVEV appelle les autorités à corriger ce comportement incivique face à la nature.

Dans ce cadre, l’organisation interpelle officiellement le gouvernement pour l’adoption d’un arrêté spécifique interdisant l’introduction et l’usage des sachets plastiques dans la commune de Sô-Ava. L’objectif est de faire de Ganvié un territoire pilote de la transition écologique et une vitrine nationale du zéro sachet plastique d’ici 2030.
Pour le directeur de l’ONG JEVEV, Henri TOTIN, les communautés riveraines du lac Nokoué font face à une pollution de plus en plus préoccupante. Les sachets plastiques, déversés de manière anarchique dans les plans d’eau, s’accumulent et perturbent durablement les écosystèmes aquatiques. Cette situation menace la biodiversité, dégrade la qualité de l’eau et fragilise les activités halieutiques dont dépendent de nombreuses familles.
Au-delà de l’impact écologique, les conséquences sanitaires deviennent alarmantes. L’obstruction des canaux favorise les inondations et la stagnation des eaux, accentuant les risques de maladies. Pour JEVEV, cette réalité pose une véritable question de justice environnementale : « les populations lacustres subissent de plein fouet une pollution dont elles ne sont pas les principales responsables » a expliqué Henri TOTIN Directeur Exécutif de l’ONG JEVEV.
Renforcer l’application de la loi existante
Depuis 2017, le Bénin dispose d’un cadre juridique encadrant l’usage des plastiques, notamment la loi n°2017-39 portant interdiction des sachets plastiques non biodégradables. JEVEV plaide aujourd’hui pour une application plus rigoureuse de ce texte, avec une déclinaison territoriale adaptée aux spécificités des zones lacustres.
L’ONG propose ainsi un arrêté interdisant l’entrée, la circulation et l’utilisation des sachets plastiques dans toute la commune de Sô-Ava. Une mesure ciblée qui ferait de Ganvié un projet pilote national, susceptible d’être reproduit dans d’autres localités vulnérables.
Engagée dans la promotion de l’économie verte, JEVEV développe depuis plusieurs années des solutions fondées sur les pratiques endogènes. L’organisation valorise notamment la jacinthe d’eau, espèce envahissante du lac Nokoué, en la transformant en ressource économique durable à travers des activités artisanales et génératrices de revenus.
Ce projet, connu sous le nom de « Route de la Jacinthe d’eau », s’inscrit dans la dynamique du Programme d’Actions du Gouvernement, notamment l’initiative « Réinventer Ganvié ». L’ambition est de faire de la cité lacustre un laboratoire de transition écologique, conciliant résilience climatique, attractivité touristique et gouvernance environnementale exemplaire.
Une ambition mondiale pour 2030
À l’horizon 2030, JEVEV souhaite positionner Ganvié comme la première cité lacustre verte au monde fonctionnant sans sachets plastiques. Une telle transformation contribuerait à réduire les inondations, protéger les écosystèmes aquatiques, améliorer les conditions sanitaires et renforcer la justice environnementale au profit des communautés locales.
Ainsi, le passage au zéro sachet plastique ne relève plus d’un simple engagement symbolique, mais d’une nécessité stratégique pour préserver l’avenir des zones lacustres béninoises.
