BENIN / PANNES ELECTRIQUES PROLONGEES A OUIDAH : LES ELEVES VICTIMES DU DELESTAGE

Depuis samedi 14 février 2026 jusqu’à ce lundi 16 février au matin, les abonnés de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE) à Ouidah (Bénin) ont été plongés dans une coupure totale d’électricité qui s’est prolongée pendant deux nuits consécutives.

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Cette interruption prolongée, sans communication officielle préalable auprès des consommateurs, a déclenché une vague de mécontentement parmi les ménages, commerçants et des entreprises de la ville.

Vécu des populations : conséquences sociales et économiques

Pour de nombreux habitants abonnés au courant électrique, cette panne s’est traduite par des nuits passées « dans le noir et la chaleur », sans ventilateurs ni éclairage. Cette semaine démarre des évaluations dans le Pays. Des élèves sont donc incapables de réviser leurs cours en vue de ces évaluations scolaires de la semaine. Ailleurs, des entrepreneurs privés qui sont dans l’alimentation générale ont payé le prix. La détérioration de denrées alimentaires conservées dans les boutiques à domicile. L’autre souci est la sérieuse perturbation des activités économiques locales, notamment pour les petits commerçants et artisans.

La situation a été d’autant plus mal vécue qu’aucune annonce préalable n’avait été faite, privant les populations de toute possibilité d’anticiper ces longues heures sans courant.

Une crise récurrente ou exceptionnelle ? Le contexte au Bénin

L’épisode de ces derniers jours s’inscrit dans un contexte plus large d’instabilité chronique du réseau électrique béninois. Malgré des investissements importants du gouvernement et des projets d’extension du réseau comme le Projet d’Extension et de Densification Électrique des Réseaux (PEDER), le secteur reste fragile. En effet, le PEDER au Bénin, porté par la SBEE, vise à accroître l’accès à l’électricité de qualité pour 150 000 personnes dans 60 localités d’ici 2030. Ce projet clé du gouvernement (PAG) prévoit le raccordement de 30 000 ménages, renforçant le réseau existant et réduisant la précarité énergétique. Ce projet vise à augmenter l’accès à une électricité de qualité dans des localités du pays, y compris à Ouidah, mais son achèvement reste à consolider sur le terrain.

Selon des données récentes, la fourniture d’électricité au Bénin reste affectée par de variations de tension fréquentes et des interruptions imprévues, malgré des efforts administratifs pour améliorer la distribution.

Plusieurs causes structurelles expliquent ces perturbations par une dépendance historique aux importations d’énergie auprès de pays voisins, notamment le Nigeria, ce qui rend le pays vulnérable aux contraintes techniques régionales, un réseau de transport et de distribution parfois vétuste ou mal entretenu, nécessitant des interventions techniques régulières et des actes d’incivisme ou de vandalisme sur les installations électriques dans certaines zones, aggravant la fragilité du système.

Face à ces défis, les autorités béninoises, via la SBEE et la filiale de production SBPE, publient parfois des communiqués pour expliquer et rassurer les usagers lors de perturbations, tout en présentant leurs excuses et annonçant des mesures pour un retour progressif à une alimentation plus stable.

Comparaison régionale : que se passe-t-il au Togo ?

Au Togo, la situation électrique est également marquée par des interventions programmées, mais généralement annoncées à l’avance par la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET).

Par exemple, entre le 11 et le 15 février 2026, des coupures ont été planifiées dans plusieurs quartiers de Lomé, principalement le matin, dans le cadre de travaux de maintenance destinés à renforcer la fiabilité du réseau. Ces interruptions étaient annoncées publiquement, avec des calendriers horaires précis. Mais le mal est que des quartiers reculés de Djagblé, Adétikopé, Agoè et banlieue ont souffert de ces délestages les nuits jusqu’à 3h30 du petit matin.

Cette pratique différencie en partie la gestion togolaise des coupures électriques : les interventions sont souvent communiquées à l’avance, ce qui permet aux populations de prendre leurs dispositions. Mais la durée du retour de l’électricité reste une réponse longue de longue prière. Elle s’inscrit donc dans un processus de consolidation d’un réseau dont le taux d’électrification est plus élevé qu’au Bénin (environ 70 % au Togo contre un taux plus faible à Bénin dans l’accès global), même si des travaux restent nécessaires pour améliorer la continuité de service.

Les récents délestages à Ouidah rappellent que la fourniture d’électricité au Bénin demeure un défi, malgré les investissements et projets en cours.

Pour de nombreux consommateurs, l’absence de communication préalable et la soudaineté des coupures intensifient le sentiment d’insécurité énergétique, avec des impacts directs sur la vie quotidienne, l’éducation et l’économie des ménages.
Evéline A.

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