BENIN : CLAP DE FIN POUR LA 2ᵉ EDITION DE N.ART.UREL DANS LA FORET CLASSEE DE PAHOU
La forêt classée de Pahou a accueilli, jusqu’au jeudi 5 février 2026, la clôture de la deuxième édition de N.ART.UREL, un rendez-vous artistique singulier qui, durant plus d’un mois, a fait dialoguer l’art contemporain avec la nature. Bien au-delà d’un simple finissage, l’événement a consacré l’aboutissement d’une résidence immersive au cœur d’un espace naturel empreint d’histoire et de symboles.

Placée sous le thème « Les musés de la forêt », l’exposition collective a réuni, dans la commune de Ouidah, des œuvres d’artistes plasticiens béninois, installées en pleine forêt. Portée par le Collectif des Artistes Béninois (CAB), dirigé par l’artiste Dominique Zinkpè, l’initiative a transformé ce site classé en un véritable laboratoire de création et de réflexion, invitant le public à une expérience sensible à la croisée de l’art et de l’environnement.
Soutenue à hauteur de 70 % par le Fonds de Développement des Arts et de la Culture (FDAC), N.ART.UREL témoigne de l’engagement des pouvoirs publics en faveur de la promotion de l’art contemporain au Bénin. Près d’une trentaine d’artistes, jeunes talents comme figures confirmées, ont investi la forêt de Pahou avec des œuvres inspirées par cette rencontre entre l’humain et la nature. Placée sous le haut parrainage du ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola, l’exposition a également donné lieu à des échanges et à des actions de sensibilisation autour des enjeux artistiques et écologiques.
Dominique Zinkpè : « sortir de nos lieux de confort »
Au moment de dresser le bilan, le président du CAB s’est réjoui de l’implication des artistes. « Les artistes contemporains du Bénin, qu’ils soient confirmés ou émergents, ont accepté de quitter leurs lieux de confort pour se mettre en phase avec la nature », a-t-il souligné.

Pour Dominique Zinkpè, cette démarche est fondamentale : « Tout ce que nous produisons vient de la nature ou de notre environnement immédiat ». Il a également salué l’ouverture de l’exposition à un public plus large, au-delà des musées et galeries habituels. « Exposer dans ce lieu paisible, en lien avec des événements majeurs comme les Vodun Days, a permis à la population béninoise et aux visiteurs étrangers de découvrir la richesse du talent créatif national », a-t-il expliqué.
L’artiste a enfin mis en avant le soutien déterminant de l’État et exprimé une ambition forte : la création, à terme, d’un parc de sculptures pérenne au sein de la forêt. « L’art contemporain est l’art de notre temps. Il est important de laisser des traces pour les générations futures », a-t-il affirmé.
Jean-Michel Abimbola : l’art au cœur de la vision nationale
Présent lors du finissage, le ministre Jean-Michel Abimbola s’est dit « heureux et émerveillé » par les œuvres exposées à Pahou. Rendant hommage à Dominique Zinkpè, qu’il a qualifié de « maître », il a insisté sur son rôle dans la transmission du savoir et l’accompagnement des jeunes créateurs.
Le ministre a également souligné la portée symbolique d’une exposition en pleine forêt, y voyant « une illustration du respect de la nature, de l’importance du recyclage et d’une véritable conscience écologique ». Selon lui, N.ART.UREL s’inscrit pleinement dans la dynamique culturelle impulsée par le gouvernement pour faire de la culture un levier du rayonnement national.
Une ambition culturelle à l’horizon 2060
Se projetant dans l’avenir, Jean-Michel Abimbola a esquissé une vision ambitieuse : « À l’horizon 2060, le rayonnement culturel sera présent dans chaque ministère et dans tous les espaces publics ». Il a réaffirmé la volonté de démocratiser l’accès à l’art et d’en faire un véritable secteur économique. « On peut être artiste et vivre dignement de son talent. Nous œuvrons à la structuration d’une économie culturelle durable, au service du génie créatif béninois », a-t-il conclu.
