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INONDATIONS / AGRICULTURE SAINE : LES MARAICHERES PAIENT LE PRIX DES DEREGLEMENTS CLIMATIQUES

Par Hervé Levert

Derrière l’hôtel Sarakawa, les jardins maraîchers d’Ablogamé offrent habituellement un paysage verdoyant où poussent laitues, choux, carottes et autres légumes destinés aux marchés de Lomé. Mais cette année, les fortes pluies de 2026 ont transformé ces parcelles en véritables étendues d’eau, détruisant une grande partie des cultures et plongeant les productrices dans l’inquiétude.

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Depuis plus de quinze ans, ces femmes vivent du maraîchage. Aujourd’hui, elles affirment que les saisons ne sont plus les mêmes et que les effets du changement climatique sont désormais une réalité qu’elles subissent au quotidien.

Parcelle inondée / Photo HervéLevert

« Cette année nous montre clairement que le climat a changé. Toute notre production est sous l’eau et nous enregistrons d’importantes pertes », confie Mme Elianne, présidente de l’une des coopératives d’Ablogamé.

Au-delà des difficultés climatiques, ces productrices ont fait le choix d’une agriculture plus respectueuse de la santé des consommateurs. Grâce à un accompagnement de l’Organisation pour l’Alimentation et le Développement Local (OADEL), elles ont progressivement abandonné les engrais chimiques au profit du compost et des fertilisants biologiques.

Parcelle de laitue de 7 semaines / Photo HervéLevert

« Pendant longtemps, nous utilisions des produits chimiques comme beaucoup de producteurs. Puis OADEL est venu nous former sur la qualité des productions. Depuis, nous utilisons le compost et les engrais organiques », explique Mme Elianne.

Cette transition demande davantage de patience. « Avec les anciens engrais, la laitue pouvait être récoltée en deux ou trois semaines. Aujourd’hui, avec le compost et les engrais organiques, il faut attendre environ huit à neuf semaines avant la récolte. »

Si le cycle de production est plus long, les bénéfices sont nombreux. Les légumes produits sont de meilleure qualité, présentent moins de risques pour la santé des consommateurs et préservent également celle des productrices.

« Avant, après les pulvérisations, nous tombions souvent malades. Aujourd’hui, avec cette méthode, nous sommes en meilleure santé », témoigne l’une des membres de la coopérative.

Malheureusement, les efforts consentis pour produire des aliments sains sont aujourd’hui compromis par les inondations. Une grande partie des cultures encore en pleine croissance a été submergée par les eaux, entraînant des pertes économiques importantes pour ces femmes dont le maraîchage constitue la principale source de revenus.

Parcelle de laitue de 5 semaines / Photo HervéLevert

Le cas des maraîchères d’Ablogamé, même si l’on pense que c’est un cas isolé, illustre la vulnérabilité croissante des petits producteurs face aux effets du changement climatique. Il rappelle également l’urgence de renforcer les mesures d’adaptation, notamment par l’amélioration des systèmes de drainage, la protection des zones de production et un accompagnement accru des producteurs engagés dans une agriculture durable.

FIN !

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