LE CTCN VEUT RESTAURER LES MANGROVES ET RENFORCER LA RESILIENCE DES COMMUNAUTES DU LAC TOGO
Par Hervé Levert
Les communautés riveraines des mangroves du Lac Togo disposent désormais d’un nouvel outil pour faire face aux effets du changement climatique. Le projet « Résilience des pêcheurs, mareyeuses et restauration de la mangrove dans la région Maritime au Togo » du CTCN a été officiellement lancé ce vendredi 12 juin 2026 en présence des bénéficiaires venus de Kpéssi 2, Togokomé et Agovodou.

Porté par le Centre et Réseau des Technologies Climatiques (CTCN) et mis en œuvre par le cabinet ATMOST, ce projet d’un coût de 140 000 dollars sera exécuté sur une période de 15 mois.
Pour le chef de mission du cabinet ATMOST, Dr Cheikh Dieng, cette initiative se veut avant tout un laboratoire d’apprentissage destiné à préparer des interventions plus ambitieuses à l’échelle nationale.
« L’objectif est de soutenir la résilience des communautés vivant autour des mangroves, notamment les pêcheurs, les mareyeuses et les femmes transformatrices. Les enseignements tirés de cette expérience permettront au ministère de l’Environnement de développer à terme un programme de plus grande envergure dans l’ensemble des zones de mangroves du pays », a-t-il expliqué.

Le projet prévoit notamment la restauration de 15 hectares de mangroves à travers la production de plants en pépinière, la régénération naturelle des propagules et le reboisement des zones fortement dégradées avec des espèces locales adaptées aux différents écosystèmes.
Pour le chef de mission du cabinet ATMOST, dès les prochains jours, les équipes techniques mèneront des enquêtes socio-économiques auprès des ménages des trois localités ciblées, tandis qu’un diagnostic écologique permettra d’évaluer l’état des mangroves et d’identifier les causes de leur dégradation. Ces travaux serviront à élaborer un plan durable de gestion et de restauration.
L’approche retenue se veut résolument participative. Selon Dr Cheikh Dieng, les autorités traditionnelles, administratives, les pêcheurs, les femmes transformatrices de poissons et toutes les composantes de la communauté seront associées au processus afin que personne ne soit laissé de côté.
Une attention particulière sera accordée aux femmes mareyeuses et transformatrices, considérées comme des acteurs clés de l’économie locale mais également parmi les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique.
Représentant la Cellule nationale de Veille Climatique du Togo, Dr Bankati Bolagbédé David a salué cette initiative qui répond aux priorités nationales en matière de restauration des écosystèmes.

« Plus de 47 % de ces écosystèmes ont été dégradés ces dernières années. Il devient urgent de les restaurer au regard de leur importance pour la reproduction des ressources halieutiques et la protection des communautés », a-t-il souligné.
À l’issue du projet, les promoteurs espèrent observer une amélioration de l’état écologique des mangroves, une augmentation des ressources halieutiques et un renforcement des capacités des communautés à s’adapter aux changements climatiques.

