MIA NYONU : ANNICK NYAMLE LANCE UN PROJET POUR LIBERER LA PAROLE DES FEMMES ET DES FILLES

Par Hervé Levert

A l’espace orange de l’UNFPA remplie de jeunes, d’étudiants, d’acteurs culturels et de défenseurs des droits des femmes, l’artiste plasticienne Annick Nyamle a officiellement lancé samedi 18 avril 2026 son projet dénommé « MIA NYONU ». Une initiative placée sous le thème : « Pour toutes les femmes et filles : Droits, égalité et autonomisation ».

Partager cet article sur
PUB Haut Droite

À travers ce projet, l’artiste entend ouvrir un espace de parole, de sensibilisation et de réflexion sur les violences sexuelles faites aux femmes et aux filles, mais aussi sur les moyens de leur redonner confiance, autonomie et dignité.

La soirée inaugurale, ouverte par le représentant de la directrice de l’UNFPA, s’est déroulée en deux temps : un panel d’échanges suivi d’un vernissage artistique.

Un panel pour briser le silence avec la thématique

Animé par Elias Atayi, le panel a réuni trois personnalités engagées sur les questions de protection des femmes, d’éducation et d’autonomisation : Mme Charlotte Kounetsron, spécialiste survie et petite enfance à Compassion International Togo et experte en santé sexuelle et reproductive des jeunes et des adolescents, Mme Nadège Ayikoe Amouzou, docteure en architecture d’intérieur, présidente fondatrice de l’ISBA et PDG du cabinet Ayinadeco, ainsi que Dr Komla Piyabalo Bayaro, expert en éducation financière à l’Organisation internationale du travail.

Face à une jeunesse particulièrement attentive, les échanges ont porté sur les obstacles qui empêchent encore de nombreuses filles et femmes de dénoncer les violences qu’elles subissent.

Pour Mme Nadège Ayikoe Amouzou, le premier frein reste souvent invisible : il est psychologique.

Mme Nadège Ayikoe Amouzou, docteure en architecture d’intérieur,

« Nous avons, en tant que jeunes filles, davantage tendance à nous remettre en question, à douter, à avoir peur. Le premier obstacle est intérieur. Il y a la peur du regard des autres, la peur de parler, même lorsqu’on subit une situation difficile », a-t-elle expliqué.

Selon elle, les difficultés économiques peuvent également fragiliser les jeunes filles et les exposer davantage à certaines formes de violence ou d’exploitation. Mais au-delà de l’aspect matériel, elle insiste sur la nécessité d’un accompagnement psychologique et éducatif, notamment au sein de la famille.

« Le parent est le premier modèle de l’enfant. L’éducation sexuelle et la protection commencent à la maison », a-t-elle souligné.

Mme Charlotte Kounetsron, spécialiste survie et petite enfance

« Les violences commencent souvent à la maison ». L’une des interventions les plus marquantes du panel est venue de Mme Charlotte Kounetsron. Avec gravité, elle a rappelé que les violences sexuelles ne viennent pas toujours d’inconnus.

« La plupart du temps, les violences se manifestent à la maison. Les chiffres montrent que dans plus de 70 % des cas, les agresseurs sont des personnes connues de la victime », a-t-elle affirmé avant de raconter l’histoire de la jeune fille de 7 ans qui se faisait violer par son frère de sang de 10 ans et ses amis à la maison.

Elle a évoqué des situations douloureuses impliquant parfois des proches : un oncle, un père, un frère ou une autre personne de confiance. Selon elle, les petites filles comme les adolescentes sont particulièrement exposées.

Mme Charlotte Kounetsron a également rappelé que les garçons ne sont pas épargnés par les violences, même si leurs souffrances restent encore très peu évoquées.

Pour la spécialiste, la lutte contre ces violences passe avant tout par une vigilance familiale, une meilleure écoute des enfants et une rupture du silence.

L’éducation financière comme outil de protection

Pour Dr Komla Piyabalo Bayaro, la précarité économique peut accentuer les risques de violence et de vulnérabilité. L’expert de l’Organisation internationale du travail estime qu’une véritable éducation financière des jeunes filles et des familles est indispensable afin de réduire les situations de dépendance ou de besoin qui peuvent conduire à certaines formes d’exploitation. Il a également insisté sur l’importance du suivi parental.

Dr Komla Piyabalo Bayaro, expert en éducation financière

« Les parents doivent être présents, attentifs et à l’écoute. La protection des enfants ne peut pas être laissée uniquement à l’école ou à la société », a-t-il déclaré.

À l’issue des échanges, les participants ont été informés de l’existence de plusieurs numéros verts permettant de signaler et de suivre les cas de violences sexuelles, notamment les numéros 9210 et 1011.

Un projet qui veut accompagner les femmes sur la durée

Pour Annick Nyamle, initiatrice du projet MIA NYONU, cette première soirée marque le début d’un engagement appelé à se poursuivre bien au-delà du 18 avril.

« À travers MIA NYONU, je veux célébrer la femme, mettre en lumière les réalités qu’elle vit, ses difficultés, mais aussi sa force et sa capacité à se relever », a confié l’artiste.

Annick Nyamle, artiste plasticienne initiatrice du projet MIA NYONU

Le projet, qui se déroule du 18 au 26 avril 2026, s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes et reprend le thème défini par les Nations unies. Pour l’artiste plasticienne, l’objectif est clair : permettre aux femmes et aux filles de retrouver leur voix et leur confiance.

« Mon souhait est de voir chaque femme et chaque fille marcher la tête haute, prendre la parole, dénoncer ce qu’elle traverse et trouver du soulagement », a-t-elle déclaré.

Plusieurs activités sont prévues dans les prochains jours. Le 22 avril, une rencontre éducative réunira des jeunes filles et garçons autour des questions de sensibilisation et de protection des filles. Une autre rencontre, consacrée aux modèles de réussite, est programmée le 25 avril. Un after-work professionnel est également annoncé pour le 24 avril.

Quand l’art devient un langage de résistance

La deuxième partie de la soirée a été consacrée au vernissage des œuvres d’Annick Nyamle. À travers ses créations, l’artiste explore les thèmes de la dignité, de la résilience, de l’histoire et du combat des femmes dans la société.

Dans ses tableaux, les blessures, les silences et les espoirs des femmes prennent forme. Chaque œuvre raconte une lutte, mais aussi une quête d’équilibre, de justice et d’émancipation.

Les participants

« À travers mon art, j’aborde la dignité, la résilience et la lutte des femmes à la recherche de justice. L’émancipation est pour moi un véritable levier », a expliqué l’artiste.

Avec MIA NYONU, Annick Nyamle ne se contente pas d’exposer des œuvres. Elle veut faire de l’art un moyen de sensibilisation, de réparation et de transformation sociale.

Partager cet article sur
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire la suite