BENIN / JOURNEE MONDIALE DE LA TERRE : QUAND LA NATURE REPREND LA PAROLE
Par Hervé le Vert
À l’occasion de la Journée mondiale de la Terre, une conférence inédite invite le public à poser un regard nouveau sur la planète et sur les liens profonds qui unissent les êtres humains à leur environnement. Intitulée « La Terre, une personnalité vivante : entre lois, savoirs et sauvegarde d’habitats de vie », cette rencontre se tiendra le mercredi 22 avril à 18h30 à l’auditorium de l’Institut Français du Bénin, dans le cadre du projet AYĬ KÀN porté par Sènami Donoumassou.

Au-delà d’un simple rendez-vous académique, cette conférence se veut un moment de réflexion sensible et engagée. Elle intervient dans le cadre de la Journée mondiale de la Terre 2026, célébrée chaque 22 avril à travers le monde sous le nom de Journée internationale de la Terre nourricière. Cette édition met particulièrement l’accent sur la sobriété, le changement de regard sur nos modes de vie et la préservation des écosystèmes.
À l’heure où les effets du dérèglement climatique se font de plus en plus visibles, les questions de sobriété énergétique, de lutte contre l’accaparement des terres et de résilience des communautés face à la crise climatique occupent une place centrale dans les débats. Autant d’enjeux qui résonnent avec le thème choisi pour cette rencontre et qui invitent à repenser notre rapport à la Terre.
Dans un contexte marqué par les bouleversements climatiques, la disparition des écosystèmes et la fragilisation des milieux de vie, la question posée est forte : et si la Terre n’était pas seulement une ressource à exploiter, mais une entité vivante, digne de respect et de protection ?
Pour nourrir cette réflexion, deux voix passionnées et complémentaires prendront la parole.
Anthropologue et membre du Collectif Africain des praticiens de la Jurisprudence de la Terre et des lois de la Nature, Yélognissè Victor BOTON consacre ses recherches aux savoirs écologiques transmis par les communautés. Depuis plusieurs années, il observe à Porto-Novo la manière dont les habitants vivent leur ville, protègent leurs espaces de vie et conservent des connaissances précieuses sur l’écologie urbaine.
À travers son intervention, il rappellera que de nombreuses sociétés africaines ont longtemps considéré la nature comme une réalité vivante, avec laquelle il faut dialoguer plutôt que lutter. Derrière les arbres, les rivières, les sols ou les forêts, il y a des histoires, des croyances, des équilibres et des responsabilités collectives.
À ses côtés, Théodore ATROKPO apportera un autre regard, celui du guide culturel passionné par les traditions et les récits du Bénin. Chercheur indépendant, il s’intéresse aux patrimoines immatériels, aux lieux sacrés et aux liens étroits entre les communautés et leurs territoires.
Son témoignage devrait faire résonner une idée simple mais essentielle : protéger la Terre, c’est aussi protéger la mémoire, les coutumes et les manières de vivre qui permettent encore aujourd’hui à certaines communautés de préserver leurs habitats naturels.
La conférence sera animée par le journaliste scientifique Fulbert ADJIMEHOSSOU, qui assurera la médiation des échanges entre les intervenants et le public. Les participants auront ainsi l’occasion de poser leurs questions, de partager leurs expériences et d’ouvrir un dialogue sur les défis environnementaux actuels.
Mais la soirée ne s’arrêtera pas aux mots. Après la conférence, le public sera invité à découvrir une projection de documentaires réalisés dans le cadre de l’atelier de Claire JUGE. Ces films viendront prolonger la réflexion en images, en donnant aux territoires, des voix et des récits souvent peu entendus.
À travers cette rencontre, le projet AYĬ KÀN souhaite replacer la Terre au centre des préoccupations humaines. Non pas comme un décor ou une réserve de richesses, mais comme une présence vivante dont dépend l’avenir des générations à venir.
