INTERVIEW DU COLONEL JOHN BARARMNA-BOUKPESSI, CHEF DU CENTRE SECONDAIRE DE RECHERCHES ET DE SAUVETAGE DE LOMÉ (RSC-LOMÉ)
Par Hervé Komi ADJAHO
Renforcer la participation des communautés de pêcheurs aux opérations de recherche et de sauvetage en mer. C’est l’objectif poursuivi par le Centre secondaire de recherche et de sauvetage (RSC) de Lomé à travers une campagne de sensibilisation et de formation des acteurs du littoral togolais.

Après les étapes organisées dans les campements de pêche situés à proximité du port autonome de Lomé, l’équipe a mis le cap sur Aného pour la dernière étape de cette initiative. À cette occasion, le Colonel John BARARMNA-BOUKPESSI, chef service RSC Lomé revient sur les missions du centre, les raisons de l’implication des pêcheurs, les objectifs de cette sensibilisation et les perspectives envisagées pour renforcer la sécurité aérienne et maritime au Togo dans une interview spéciale accordée à Eplus Médias.
Qu’est-ce que le RSC Lomé ?
Merci, Monsieur le journaliste, pour cette opportunité de présenter notre structure au grand public. Le RSC, en anglais veut dire « Rescue Sub Centre », désigne le Centre secondaire de recherche et de sauvetage. Il a été mis en place conformément aux textes et conventions internationales auxquels le Togo a souscrit, notamment dans le cadre de la Convention de Chicago relative à l’aviation civile internationale.
Alors quelle est sa mission principale ?
Sa mission consiste à contribuer aux opérations de recherche et de sauvetage des aéronefs et des navires en détresse dans les zones relevant de sa responsabilité. Il s’agit notamment de permettre une intervention rapide et coordonnée afin de porter secours aux personnes en danger et de préserver les vies humaines.
Quel est précisément l’objectif de votre présence à Aného ?
Nous avons pris tout le littoral du Togo, nous les avons organisés en trois campements. Un campement à l’ouest, c’est-à-dire basé à Kodjoviakopé, un campement au centre, au niveau du port autonome de Lomé, et un campement à l’est, c’est-à-dire à Aného.
La même formation a été effectuée en septembre pour les deux campements qui sont proches de Lomé et la dernière étape, c’est le campement à l’est de Aného, c’est pour ça que nous sommes là.
Pourquoi avoir choisi d’associer particulièrement les communautés de pêcheurs du littoral à cette initiative de sensibilisation ?
L’utilité de cette sensibilisation à l’endroit des Communautés des Pêcheurs et du Littoral est née à l’idée qu’un accident était survenu dans un pays voisin et la Communauté des Pêcheurs, c’est-à-dire les pêcheurs qui sont sur les plans d’eau à tout moment, se sont retrouvés au premier rang de cet accident et certains ont eu à poser des actes humains.
Alors quand nous avons étudié le rapport d’enquête et tout ce qui a été révélé, vu que ce n’était pas loin de notre pays, nous avons pris l’initiative d’associer la Communauté des Pêcheurs à notre plan d’action, c’est-à-dire notre plan national de recherche et de sauvetage. C’est à ce titre que nous avons signé les accords de coopération avec ces pêcheurs et il se doit de les rapprocher de nous, de les sensibiliser, les former sur les bonnes pratiques, les meilleures pratiques, afin que s’il arrivait un incident et qu’ils soient vraiment au contact des personnes, des survivants, qu’ils puissent poser des actes qui comptent à la sauvegarde, à la survie de la vie humaine.
À l’issue de cette journée, quels résultats concrets souhaitez-vous obtenir auprès des pêcheurs ?
A l’issue de cette journée de sensibilisation, mon objectif principal c’est d’être sûr qu’ils ont d’abord compris la genèse, c’est-à-dire l’historique, comment est né la recherche et le sauvetage. Ensuite, ils sont un acteur important dans la recherche et le sauvetage et surtout, quels comportements doivent-ils adopter face à un sinistre amer ? Je le répète, quoi qu’on dise, quelles que soient les technologies mises en place, quelles que soient les moyens matériels et humains, ils seront toujours les premiers à être au contact d’un sinistre, puisqu’ils sont H24 tout le temps sur les plans d’eau.
Quelles sont vos perspectives pour améliorer davantage les interventions du RSC Lomé et renforcer la collaboration avec les pêcheurs ?
C’est de continuer à mobiliser ces acteurs impliqués dans le dispositif, SAR (Search and Rescue, soit « Recherche et Sauvetage » en français), de les mettre en confiance, les sensibiliser, surtout les entraîner pour qu’ils soient vraiment au meilleur niveau pour intervenir. Vous savez, en matière d’accident, nous disons qu’une minute de perdue, c’est une vie de perdue. C’est pour ça que notre leitmotiv du Centre secondaire de recherche et de sauvetage est de dire qu’une vie sauvée, c’est une histoire.
En outre, en 2027, nous envisageons organiser un exercice réel, pas créer un accident, c’est-à-dire que nous mettrons les gens en simulation, mais au plus proche de la réalité. Je pense le faire à Aného, ici, où les pêcheurs seront impliqués sur les plans d’eau, afin que je puisse m’assurer que le message que je suis en train de passer est bien ancré et a été bien compris.
Colonel John BARARMNA-BOUKPESSI, vous êtes le chef service RSC Lomé. Merci pour votre disponibilité.
C’est moi qui vous remercie.
FIN.

