BÉNIN : UNE TORTUE LUTH RETROUVÉE MORTE À COTONOU, LES MASSACRES SE POURSUIVENT
Par la Rédaction
L’échouage, le vendredi 16 octobre 2026, d’une tortue luth (Dermochelys coriacea) sur la plage de Fidjrossè Gandonou, à Cotonou, relance les inquiétudes sur les actes de destruction qui menacent les tortues marines au Bénin. Selon l’ONG Nature Tropicale, le spécimen aurait été mutilé en mer par des pêcheurs, qui auraient sectionné et emporté ses membres antérieurs. Une situation qui remet en lumière l’urgence de renforcer la protection de ces espèces menacées.

Le vendredi 16 octobre 2026, la plage de Fidjrossè Gandonou, à Cotonou, face au bâtiment de GOZEM, a été le théâtre d’un nouvel épisode préoccupant pour la conservation de la biodiversité marine. Le corps d’une imposante tortue luth (Dermochelys coriacea), retrouvée morte, a été rejeté sur le rivage. Les circonstances rapportées par l’ONG Nature Tropicale laissent présumer un acte de mutilation commis en mer.
D’après les observations relayées par l’organisation, les membres antérieurs de l’animal auraient été sectionnés et emportés, tandis que le reste du corps aurait été abandonné en mer avant d’échouer sur la plage. L’hypothèse selon laquelle cette tortue se préparait à venir pondre sur le littoral de Cotonou est également avancée, sans confirmation formelle.
Au-delà de ce cas, cet événement soulève une nouvelle fois la question des atteintes aux tortues marines sur les côtes béninoises. Ces actes, dénoncés depuis plusieurs années par des acteurs de la conservation, mettent en évidence les difficultés persistantes liées à la surveillance du littoral, à la sensibilisation des communautés de pêcheurs et à l’application effective des mesures de protection.
Des alertes répétées, des réponses attendues
Pour l’ONG Nature Tropicale, engagée depuis plus de trente ans dans la défense de la biodiversité et la protection des tortues marines, ces faits ne constituent pas un problème nouveau. L’organisation déplore le décalage entre les alertes lancées sur le terrain et la mise en œuvre de solutions durables.
Elle critique notamment les lenteurs administratives et les approches qui privilégient les grands projets au détriment, selon elle, de l’implication des acteurs locaux disposant d’une expérience de terrain. Pourtant, la préservation des tortues marines exige des actions coordonnées, continues et adaptées aux réalités du littoral.
La multiplication de tels incidents pose une question essentielle : faudra-t-il attendre la disparition totale des derniers spécimens pour intensifier les mesures de protection ? Pour les défenseurs de l’environnement, l’urgence est de passer des engagements aux interventions concrètes, notamment par le renforcement de la surveillance des plages, la lutte contre les prélèvements illégaux et la sensibilisation des pêcheurs et des populations riveraines.
La tortue luth, une espèce sous pression
La tortue luth (Dermochelys coriacea), la plus grande espèce de tortue marine au monde, fréquente les eaux de l’Atlantique et dépend de plages adaptées pour assurer sa reproduction. Comme les autres tortues marines, elle est exposée à plusieurs menaces, dont les captures accidentelles dans les engins de pêche, la dégradation des habitats, la pollution et les prélèvements intentionnels.
Sa présence sur le littoral béninois rappelle l’importance écologique des eaux et des plages de cette région. La raréfaction de cette espèce, signalée par des acteurs de la conservation, renforce la nécessité de disposer de données fiables sur les échouages, les captures et les activités de reproduction afin d’orienter les mesures de protection.
En effet, le Bénin se retrouve à un niveau élevé dans la protection de ses ressources marines et côtières avec la décision du 5 janvier 2022 portant création de ses premières aires marines protégées : Donaten, à Cotonou, et Togbin–Bouche du Roy, couvrant des secteurs d’Abomey-Calavi et de Grand-Popo.
L’échouage du 16 octobre 2026 rappelle ainsi que l’existence de mesures réglementaires ne suffit pas, à elle seule, à garantir la protection des espèces. Il est indispensable de renforcer leur application et de soutenir les organisations qui interviennent sur le terrain.
FIN.

