LES CAUSES DE L’ADDICTION A LA DROGUE CHEZ LES JEUNES
Comprendre pour mieux prévenir !
Par Mawuwoè GBADEKPE
Face à la montée inquiétante de la consommation de drogues chez les jeunes, la réponse sociale et institutionnelle reste souvent centrée sur la répression. Pourtant, de nombreux experts s’accordent à dire qu’une lutte efficace contre ce fléau passe avant tout par la compréhension de ses causes profondes. Derrière chaque addiction se cache une histoire personnelle marquée par des fragilités sociales, psychologiques ou affectives.

Contrairement aux idées reçues, un jeune ne commence que rarement à se droguer par simple curiosité ou par goût du risque. L’addiction est bien souvent une tentative de fuite face à une réalité perçue comme insupportable. Stress, souffrance émotionnelle, pression sociale ou sentiment d’abandon constituent un terrain favorable à la consommation de substances psychoactives.
La société, en assimilant trop souvent l’addiction à un acte criminel ou à une faiblesse morale, adopte une approche qui freine la mise en place de solutions adaptées. Or, l’addiction est le résultat d’un ensemble de facteurs imbriqués.
Le poids de l’environnement familial et social
Parmi les causes les plus fréquemment citées figure le manque de repères familiaux. L’absence de dialogue entre parents et enfants, la négligence affective ou encore les conflits familiaux peuvent fragiliser les jeunes et les pousser à chercher un refuge ailleurs.
La pression des pairs joue également un rôle déterminant. Le désir d’être accepté, intégré ou valorisé incite certains jeunes à imiter les comportements de leur entourage, même lorsqu’ils sont destructeurs.
À cela s’ajoute le vide émotionnel et affectif : solitude, rejet social, manque de reconnaissance ou d’amour. Ces sentiments peuvent favoriser le recours à la drogue comme moyen d’évasion ou d’anesthésie psychologique.
Échec scolaire, précarité et désillusion
L’échec scolaire, le découragement et le sentiment d’avenir bloqué constituent d’autres facteurs aggravants. De nombreux jeunes confrontés au chômage, à la pauvreté ou à l’absence de perspectives professionnelles sombrent dans la frustration et la perte d’estime de soi.
La facilité d’accès aux drogues, combinée à une curiosité mal encadrée, accentue le phénomène. Par ailleurs, les médias et les réseaux sociaux contribuent parfois à banaliser, voire à valoriser, la consommation de drogues, en la présentant comme un symbole de liberté ou de réussite.
Les traumatismes non résolus, qu’ils soient liés à la violence, aux abus ou à des épreuves personnelles, ainsi que l’absence de valeurs morales et spirituelles solides, fragilisent davantage les jeunes face aux tentations.
Pour les spécialistes, combattre l’addiction nécessite une approche globale et humaine. Il s’agit notamment de renforcer la prévention et l’éducation, dès le plus jeune âge, et de restaurer le dialogue entre parents et enfants.
La mise en place d’espaces d’écoute et d’accompagnement, la valorisation des talents et des projets de vie, ainsi que le renforcement de l’encadrement moral, spirituel et communautaire sont autant de leviers essentiels.
Enfin, lutter contre la banalisation de la drogue dans la culture populaire apparaît comme une priorité.
Un enjeu de société
La drogue n’est pas le problème central, mais souvent la conséquence visible d’un malaise plus profond. En s’attaquant aux causes réelles de l’addiction, la société peut non seulement prévenir la dépendance, mais aussi sauver des vies, restaurer des parcours brisés et redonner espoir à une jeunesse en quête de sens et de repères.
