EST-MONO : GERMAIN EYANA ASSIH ALERTE SUR LA DEGRADATION DES FORETS ET PROPOSE DES SOLUTIONS

Interview réalisée par Hervé ADJAHO

Présentée le mardi 03 mars 2026, l’étude menée par Germain Eyana Assih étudiant ingénieur en foresterie et changement climatique, met en lumière le travail de recherche consacrée à l’évaluation de la dégradation des paysages forestiers et à la résilience des espèces ligneuses dans la préfecture de l’Est-Mono. Il dresse un diagnostic préoccupant de l’état des écosystèmes tout en proposant des solutions concrètes et adaptées. Entre analyse scientifique, approche participative et recommandations stratégiques, ses travaux apportent une contribution significative aux efforts de restauration des paysages forestiers et à l’ambition nationale de reboisement au Togo.

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Bonjour monsieur, présentez-vous à nos lecteurs !

Je m’appelle Germain Eyana Assih, je suis étudiant ingénieur en foresterie et changement climatique

Il y a quelques jours, vous présentiez votre document de soutenance, quel en est le thème ?

Ma soutenance a porté sur l’évaluation de la dégradation des paysages forestiers et de la résilience des espèces ligneuses dans la préfecture de l’Est-Mono

Pourquoi avoir choisi la préfecture de l’Est-Mono ?

Nous avons choisi l’Est-Mono parce que c’est une zone fortement impactée par la dégradation des terres, la sécheresse, les inondations, la hausse des températures et l’irrégularité des pluies, il y a également des travaux en cours dans cette préfecture ce qui en fait une zone stratégique pour approfondir les recherches

Quelle méthodologie avez-vous appliquée pour mener cette étude ?

Nous avons d’abord réalisé une cartographie des sites dégradés afin d’identifier les niveaux de dégradation, ensuite nous avons mené des enquêtes socio-économiques auprès des communautés locales pour comprendre leur perception des changements observés au cours des trente dernières années, nous avons aussi analysé les causes de ces changements et les pratiques endogènes de conservation, enfin nous avons effectué des inventaires floristiques et forestiers en utilisant le dispositif circulaire du premier inventaire forestier national du Togo

Quel était l’état des lieux avant votre intervention ?

Réponse : Nous avons constaté que plusieurs projets de restauration ne prennent pas suffisamment en compte les communautés locales, ce qui explique certains échecs, au sein du laboratoire de recherche forestière nous avons voulu adopter une approche participative en impliquant les populations parce qu’elles vivent dans la zone depuis longtemps et disposent d’informations précieuses sur l’évolution de la végétation et les aléas climatiques

Quelles solutions proposez-vous à l’issue de votre travail ?

Nous avons constaté que le niveau de dégradation est élevé dans l’Est-Mono, nous proposons de renforcer la régénération naturelle assistée surtout dans les savanes et les jachères, nous recommandons également l’agroforesterie en intégrant des espèces utiles dans les champs, nous préconisons enfin le reboisement avec des espèces locales résilientes adaptées aux différents niveaux de dégradation

Pouvez-vous citer quelques espèces recommandées ?

Nous pouvons citer Anogeissus leiocarpa, Vitellaria paradoxa, Parkia biglobosa, Anacardium occidentale, certaines espèces à statut préoccupant selon l’Union internationale pour la conservation de la nature comme Pterocarpus erinaceus, Khaya senegalensis, Afzelia africana et Milicia excelsa doivent aussi être prises en compte dans les actions de conservation

Sur quelle superficie avez-vous travaillé ?

L’étude a couvert l’ensemble de la préfecture de l’Est-Mono qui s’étend sur 2 599 km², les inventaires ont été réalisés selon trois niveaux de dégradation faible, moyen et fort afin d’adapter les recommandations à chaque zone.

Quels sont les principaux résultats obtenus ?

Plus de 80 pour cent de la zone est dominée par les savanes les jachères et les zones de culture, la couverture forestière est faible et le niveau de dégradation dépasse 82 pour cent de la superficie totale, la zone est fortement exposée à la sécheresse, à l’irrégularité des pluies, à la hausse des températures et aux vents violents, malgré cela il existe une capacité de résilience écologique soutenue par les pratiques locales

Comment vos résultats peuvent-ils contribuer à l’ambition nationale de reboisement ?

Notre étude s’inscrit dans le cadre du projet EbA4UNgoals avec l’appui de l’Université des Nations Unies, du laboratoire de recherche forestière de l’Université de Lomé, du ministère de l’Environnement et de l’ONG JVE, les résultats peuvent aider le gouvernement et les communes à identifier les espèces résilientes adaptées à chaque zone afin d’orienter efficacement les actions de restauration des paysages forestiers

Votre mot de fin ?

Ce travail contribue aux objectifs de développement durable notamment l’ODD 13 et l’ODD 15, il montre que l’implication des communautés locales est essentielle pour assurer la réussite et la pérennité des projets de restauration des paysages forestiers dans l’Est-Mono et au Togo en général.

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