CYBERSECURITE AU TOGO : LES MEDIAS APPELES A DEVENIR DES PARTENAIRES CLES CONTRE LA CYBERCRIMINALITE
Les autorités togolaises en charge de la cybersécurité ont une nouvelle fois réaffirmé leur volonté de faire des médias des alliés stratégiques dans la lutte contre la cybercriminalité. À l’occasion d’une session dédiée à la formation, à la sensibilisation et à l’information, les responsables du secteur ont insisté sur le rôle central des professionnels des médias dans la diffusion des bonnes pratiques et de l’information fiable en matière de cybersécurité.

« On ne peut pas gagner le combat contre la cybercriminalité sans associer les médias », a souligné me Commandant Gbota Gwaliba, Directeur Général de l’ANCy, rappelant qu’il s’agissait déjà de la troisième rencontre du genre. L’objectif est clair : renforcer un partenariat durable afin de mieux informer les populations, prévenir les risques et promouvoir une véritable culture nationale de la cybersécurité.
Faire le point sur les actions menées en 2025
Cette rencontre a d’abord permis de faire le bilan des actions entreprises en 2025, marquées par le début de l’implémentation de la stratégie nationale de cybersécurité. Dans son axe consacré à la promotion de la culture de la cybersécurité et au développement des compétences techniques, l’État togolais a engagé un programme ambitieux de formation certifiante.
Ainsi, 250 informaticiens de l’administration publique suivent actuellement des formations de haut niveau, représentant plusieurs centaines de millions de francs CFA d’investissements. L’objectif est de disposer de ressources humaines qualifiées capables de protéger efficacement les systèmes d’information et les données stratégiques de l’État.
Parallèlement, le Togo renforce la coopération régionale à travers la promotion d’accords et de conventions entre les autorités nationales de cybersécurité de plusieurs pays africains, ainsi que le développement d’autres outils. Une coopération jugée indispensable pour faire face à un phénomène transnational en constante évolution.
Des menaces de plus en plus sophistiquées
Les échanges ont également mis en lumière la nature des cyberattaques les plus fréquentes. Fraudes, extorsions, arnaques et attaques par rançongiciel figurent parmi les menaces majeures. Ces dernières consistent à chiffrer l’ensemble des fichiers d’une organisation avant d’exiger une rançon pour leur décryptage, une pratique qui a déjà touché plusieurs grandes entreprises locales.
Le CERT togolais, accessible 24 heures sur 24, enregistre de nombreux signalements liés à ces attaques. Les femmes sont particulièrement exposées à certaines formes de cybercriminalité, notamment celles portant atteinte à la vie privée. Face à ces situations aux conséquences parfois graves sur le plan psychologique, les autorités envisagent d’élargir la réponse en nouant des partenariats avec des structures d’accompagnement et de soutien.
Autre point d’alerte : l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle par les cybercriminels. Des vidéos ou messages falsifiés peuvent désormais imiter la voix ou l’image d’un dirigeant pour ordonner des transactions financières frauduleuses. Des cas impliquant des services comptables ont déjà été signalés, illustrant la nécessité d’une vigilance accrue.
Dans ce contexte, les autorités appellent les Togolais à redoubler de prudence et à s’informer régulièrement. Elles invitent les médias à relayer massivement les communiqués, conseils pratiques et contenus pédagogiques publiés sur les plateformes officielles, afin de réduire la vulnérabilité liée à la méconnaissance des risques.
Cap sur 2026 : des formations dédiées aux médias
Pour 2026, l’ambition est encore plus affirmée : des formations approfondies et spécialisées seront organisées à l’intention des médias, de leurs webmasters et des administrateurs de leurs outils de communication. L’objectif est de leur permettre de mieux protéger leurs actifs informationnels, ordinateurs, serveurs, archives numériques, comptes sur les réseaux sociaux devenus indispensables à leur travail quotidien.
En faisant des médias de véritables « cyberacteurs », le Togo entend renforcer la résilience collective face à la cybercriminalité et ancrer durablement les bonnes pratiques au sein de la société.
