COUPE ET EXPLOITATION DU BOIS AU TOGO : LES EFFETS DES REFORMES DU MINISTRE KOKOROKO SONT RESSENTIS

Quatre mois après sa prise de fonction à la tête du ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, le Professeur Komlan Dodzi KOKOROKO a engagé une réforme en profondeur du secteur de la coupe et de l’exploitation du bois. Si ces mesures visent à assainir durablement la filière, elles ont également entraîné, à court terme, une pénurie de bois sur le marché national, suscitant une vague de cris de cœur et de tensions parmi les menuisiers et les exploitants.

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La situation, amplifiée par la diffusion de deux vidéos sur les réseaux sociaux en début de semaine; l’une dénonçant le ras-le-bol des menuisiers contraints de réduire leurs effectifs faute de matière première, l’autre contestant l’idée d’une absence totale de bois sur le territoire, a conduit à la tenue d’une rencontre extraordinaire le mercredi 14 janvier 2026 à Lomé.

Vue partielle de la salle

Cette assise a réuni les exploitants forestiers, vendeurs de bois, menuisiers et autres acteurs de la filière, aux côtés des responsables du ministère de l’Environnement, notamment l’Inspecteur général des ressources forestières de Lomé, le Lieutenant-colonel KONZAHOU Essodina, le Lieutenant-colonel BLEZA Mangola, de la Direction régionale maritime, ainsi que les membres du bureau du CIRPEF.

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Après avoir écouté les préoccupations des différents acteurs, l’Inspecteur général des ressources forestières a invité les menuisiers à s’approvisionner exclusivement via les circuits réglementés. Il a rappelé que « les réformes mises en place par le ministre concernent le resserrement des mécanismes de contrôle et la réorganisation des circuits d’exploitation et de commercialisation du bois. Les autorités ont procédé à la fermeture de plusieurs circuits informels ne respectant pas la réglementation forestière ».

Lt/Col KONZAHOU Essodina / IGERFL

Dans la même dynamique, le Directeur régional maritime du ministère, Lt/Col BLEZA Mangola, a précisé « qu’il s’agit d’une mesure destinée à freiner les coupes illégales et à protéger les essences forestières menacées », insistant sur la nécessité de préserver durablement les ressources forestières du pays.

À l’issue des échanges, les acteurs du secteur et les responsables du ministère ont convenu de la mise en place d’un système de dialogue permanent, afin de permettre aux exploitants et aux artisans de vivre décemment de leur travail, tout en respectant les normes environnementales.

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Pour TOSSA Kangni Messan, directeur de la société de transformation de bois KAPITAGAN, cette rencontre a été salutaire : « Je suis soulagé. On sait que nous ne sommes pas un pays forestier, mais c’est le métier que nous avons choisi. Plusieurs voies de solution ont été évoquées au cours de la réunion », a-t-il déclaré, estimant que cette assise ouvre la voie à une diversification des sources d’approvisionnement, notamment par l’importation du bois depuis les marchés de la sous-région.

Vue partielle de la salle

Même son de cloche du côté du Secrétaire général du CIRPEF, M. ABOUDOU Koffi Nicolas, qui reconnaît les inquiétudes suscitées par la rareté de la matière première : « Quand le bois devient rare, cela inquiète forcément les menuisiers. Nous avons reçu des éclaircissements sur la situation actuelle et plusieurs solutions ont été identifiées, dont l’importation ».

Malgré les contraintes qu’elles imposent à court terme, les réformes engagées par le ministre Komlan Dodzi KOKOROKO mettent l’accent sur le respect strict du code forestier, la responsabilisation des exploitants et la promotion des circuits réglementés. L’objectif est clair : lutter contre l’exploitation irrationnelle des forêts tout en garantissant un approvisionnement légal, transparent et durable du marché national.

Photo de famille des participants

Ces mesures, bien que rigoureuses, alignent la gestion du secteur forestier sur les engagements nationaux et internationaux du Togo, notamment l’ambition d’augmenter le taux de couverture forestière et de renforcer la lutte contre les effets du changement climatique. Un chantier sensible mais stratégique, qui traduit la volonté des autorités de rompre avec les pratiques du passé et de bâtir une filière bois plus responsable, structurée et durable. (Vidéo du reportage à suivre sur EPLUS MEDIA TV)

Hervé Levert

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