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BAS-MONO : APRÈS LA PLUIE, EST-CE VRAIMENT LE BEAU TEMPS ?

Par Hervé Levert

Quelques jours seulement après l’exercice national de simulation d’inondation organisé du 8 au 17 juin 2026, la préfecture du Bas-Mono fait face à une réalité bien plus éprouvante. Les pluies diluviennes tombées dans la nuit du 28 au 29 juin ont placé plusieurs localités sous les eaux, mettant à l’épreuve les dispositifs de prévention et de gestion des risques récemment testés.

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Village d’Ahonlogoé

La gravité de la situation a conduit le préfet du Bas-Mono, Amétépé Kokou SOGBO, président du Comité préfectoral de gestion des risques de catastrophes, à déclencher l’alerte rouge. Dans un communiqué officiel, il appelle les populations à faire preuve d’une extrême vigilance face aux risques liés aux inondations.

Les localités identifiées comme zones inondables n’ont pas échappé à la montée des eaux. Les importantes pluies et les eaux de ruissellement ont envahi les habitations, rendant l’accès à plusieurs maisons difficile. Au-delà de ces zones connues, de nombreux villages et quartiers de la préfecture sont également affectés.

La voie de Klikamé

Le communiqué du préfet montre que la situation dépasse le cadre de quelques villages isolés. « La préfecture du Bas-Mono a connu, dans la nuit du 28 au 29 juin 2026, une importante pluie diluvienne bloquant toutes les voies d’accès au territoire préfectoral », indique-t-il. Il invite par ailleurs les populations à redoubler de prudence dans leurs déplacements et recommande aux usagers venant des préfectures voisines de faire preuve de la plus grande vigilance avant d’emprunter les axes menant au Bas-Mono.

Sur le terrain, les premières conséquences sont déjà visibles. À Ahonlogoé, dans le canton d’Afagnan-Gbléta, plusieurs habitations sont inondées. L’effondrement de certains murs a entraîné la perte d’animaux domestiques. À Klikamé, les habitants peinent à quitter leurs maisons, les voies d’accès étant elles aussi recouvertes par les eaux. Ces scènes ravivent le souvenir d’un drame survenu il y a cinq ans, lorsqu’un enfant d’environ sept ans avait été emporté par les eaux de pluie.

Les infrastructures routières subissent également les effets des intempéries. La route Dzrékpô-Afagnan est fortement dégradée, tandis que le bas-fond situé dans la descente d’Amegnyran vers Afagnan, au niveau du quartier Kpoguéré, complique sérieusement la circulation. Cette situation a perturbé les activités du marché hebdomadaire d’Afagnagan, habituellement fréquenté par des commerçants venus des préfectures voisines. Toute la chaîne de transport des personnes et des marchandises a été affectée au cours de cette journée.

Face à cette situation, le préfet assure que les services techniques sont déjà mobilisés afin de limiter les dégâts et de suivre l’évolution des inondations.

Ces intempéries rappellent une fois de plus la vulnérabilité du Bas-Mono face aux phénomènes climatiques extrêmes. Elles donnent également tout leur sens à l’exercice de simulation conduit récemment par l’Agence nationale de la protection civile (ANPC), notamment dans le canton d’Agoméglozou. Si les dégâts matériels sont déjà importants, la préparation des communautés et le renforcement du système d’alerte précoce pourraient contribuer à éviter le pire, notamment des pertes en vies humaines.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si les inondations surviendront, mais si les leçons tirées des exercices de préparation permettront aux communautés et aux autorités de mieux faire face à ces catastrophes de plus en plus fréquentes.
Fin.

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