BIODIVERSITE ET EGALITE DE GENRE : LE TOGO VALIDE UN RAPPORT DIAGNOSTIC POUR UNE GOUVERNANCE ENVIRONNEMENTALE PLUS INCLUSIVE

Par Hervé Levert

Les acteurs nationaux impliqués dans la conservation de la biodiversité se sont réunis, les 12 et 13 mars 2026, à Lomé pour examiner et valider le rapport diagnostic sur l’état des lieux du genre et de la biodiversité au Togo, élaboré dans le cadre du projet « égalité de genre dans la conservation de la biodiversité ».

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L’atelier de validation a été officiellement ouvert par Dr Nakou Fogan, conseiller technique du Ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique. Il s’est déroulé en présence de plusieurs experts  du secteur, dont le directeur de l’inspection des ressources forestières, Mr Anthé Komi, ainsi que des représentants de plusieurs ministères sectoriels, de la société civile et des partenaires techniques et financiers.

Un diagnostic pour mieux intégrer le genre dans la conservation

Photo de famille des participants

Le document de 72 pages, soumis à validation vise à analyser le niveau d’intégration de la dimension genre dans les politiques et programmes liés à la conservation de la biodiversité au Togo. L’objectif est de disposer d’un cadre analytique permettant d’orienter les politiques publiques vers une gestion plus équitable et inclusive de la biodiversité.

Selon les concepteurs du rapport, l’intégration du genre dans les stratégies environnementales ne relève pas seulement d’un impératif social, mais constitue également un levier d’efficacité écologique et économique. L’implication active des femmes dans la gestion des ressources naturelles contribue en effet à améliorer la surveillance communautaire, la gestion durable des produits forestiers et la réussite des initiatives de restauration des écosystèmes.

Une méthodologie basée sur la consultation des acteurs

L’élaboration du rapport s’est appuyée sur une méthodologie en plusieurs étapes, comprenant, notamment une revue documentaire approfondie des politiques et cadres juridiques existants ainsi qu’une consultation élargie des acteurs du secteur.

Cette consultation s’est tenue, du 4 au 6 mars 2026, à l’Université de Lomé, au Centre UniPod, et a rassemblé des représentants des cinq régions du pays, notamment des ministères sectoriels, des organisations de femmes et de jeunes, des communautés locales et des organisations de la société civile. Ces échanges ont permis d’identifier les défis, les opportunités et les bonnes pratiques en matière de prise en compte du genre dans la conservation de la biodiversité.

Les travaux de groupe

Des amendements pour renforcer l’équité

Au cours de l’atelier de validation les 12 et 13 mars, les participants, regroupés en quatre groupes, ont examiné les différentes sections du rapport, formulant des observations et des recommandations sur le fond comme sur la forme et des propositions de budgets pour des activités intégrées.

Au cours du débat de restitutions des travaux de groupes en plénière, les contributions des participants ont porté, entre autres, sur l’amélioration du cadre institutionnel, le renforcement de la participation des femmes dans les instances de décision et la valorisation économique des produits forestiers non ligneux souvent exploités par les femmes en milieu rural.

Le document a finalement été adopté sous réserve de l’intégration des amendements et suggestions visant notamment à renforcer la prise en compte de l’équité dans les mécanismes de gouvernance environnementale.

Présente à la validation, Mme le Directeur des Ressources Forestières, Dr ATUTONU Amah, épse KUEVIAKOE, a expliqué le processus d’élaboration du rapport diagnostic.  « Comme vous le savez, le processus ne s’arrête pas à la validation d’aujourd’hui. Une équipe technique est déjà mise en place pour se charger de l’intégration de toutes les contributions afin d’améliorer le document. Nous restons donc pleinement à l’écoute et nous continuerons d’échanger avec vous pour recueillir les suggestions additionnelles, dans l’objectif de consolider le document que nous avons élaboré ensemble avant sa transmission aux bailleurs » a-t-elle laissé entendre avant de poursuivre « Pour ce qui concerne les prochaines étapes, je dirais qu’à l’issue de cet atelier, le document d’état des lieux est désormais adopté. Celui-ci comporte également un plan d’action, avec un ensemble d’activités que nous allons mettre en œuvre à travers des projets concrets que nous développerons ensemble » a déclaré Dr ATUTONU Amah, épse Kueviakoe, devant les participants en présence du Conseiller Technique du ministre Dodzi Komlan Kokoroko et l’Inspecteur des ressources forestières.

Les participants en plenière de validation

Pour le Conseiller Technique Dr NAKOU Fogan, il est impossible de mettre la femme à l’écart du processus de conservation de la biodiversité. « Si la femme n’est pas intégrée dans le processus de conservation de la biodiversité, ce processus restera, par nature et par principe, inachevé. L’implication des femmes est donc essentielle pour garantir l’efficacité et la durabilité des actions en faveur de l’environnement » a-t-il expliqué.

Félicitant les participants pour leur accompagnement, le conseiller technique du ministre a insisté sur le travail abattu. « Votre contribution a permis de mettre en lumière les nombreux défis auxquels les femmes sont confrontées dans l’exercice de leurs droits, notamment dans leur rôle dans la protection de l’environnement. Ce travail ne s’arrête pas ici. Il va se poursuivre à travers l’intégration des différentes observations formulées au cours de cet atelier, afin de renforcer davantage ce document qui constituera désormais un acquis important pour l’action environnementale » s’est exprimé Dr NAKOU Fogan.

Vers une conservation plus inclusive

Cérémonie de clôture

Selon le document validé, le rapport diagnostic met en évidence plusieurs défis structurels, notamment l’accès limité des femmes aux ressources productives, aux financements et aux instances de décision, malgré leur rôle central dans la gestion quotidienne des ressources naturelles.

Pour y remédier, le document recommande notamment l’harmonisation des textes juridiques, l’institutionnalisation de l’approche genre dans les ministères sectoriels, ainsi que la mise en place de mécanismes de financement dédiés aux initiatives féminines liées à la biodiversité.

La finalisation du rapport, intégrant l’ensemble des observations issues de l’atelier, permettra de doter le Togo d’un outil stratégique pour renforcer la participation des femmes et des communautés locales dans la gouvernance environnementale et la protection durable de la biodiversité.

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