ECHO DE LA FOIRE / 20ᵉ FIL : LES EXPOSANTS DENONCENT L’AFFLUX MASSIF D’ELEVES QUI N’ACHETENT RIEN SUR LE SITE
L’édition anniversaire de la 20ᵉ Foire internationale de Lomé (FIL) connaît une affluence exceptionnelle… mais pas forcément celle attendue par les exposants. Depuis l’ouverture, le site du CETEF Togo 2000 est envahi en majorité par des groupes d’élèves venus en sorties scolaires, transformant selon plusieurs commerçants les stands et espaces de restauration en lieux de pique-nique improvisés.

« Ils viennent manger leur propre nourriture dans nos bars »
Pour Mlle Sandra, exposante rencontrée sur place, la situation devient difficilement tolérable.
« Ce que font les élèves et leurs encadreurs n’est pas bon. Ils viennent pique-niquer dans les bars avec leur nourriture, sans rien acheter, même pas un pure water de 25 F », fustige-t-elle, encore agacée après une matinée où plusieurs tables de son stand ont été occupées sans la moindre consommation.

Les exposants affirment que les élèves arrivent avec des glacières, boissons, repas préparés, parfois même stockés dans leurs voitures avant de pénétrer dans l’enceinte de la foire. Résultat : les bars et restaurants voient leurs sièges pris, leurs espaces saturés… sans aucune retombée économique.
Barmen et restaurateurs en colère
Honoré, gérant d’un bar non loin du pavillon AGOU sortie Est, confirme la situation.
« Ils viennent occuper nos stands, nos chaises, ils mangent et boivent sans rien acheter chez nous. »
Selon lui, les pertes s’accumulent chaque jour, et plusieurs restaurateurs commencent à s’inquiéter de la rentabilité de leur participation à la foire. Car disent-ils, les stands ne sont pas moins de 450.000. « On vous vend un espace vide. Vous l’aménagez avec un hangar en bâche. Vous décorez, vous mettez de l’électricité. Déjà l’aménagement dépasse 200.000 F hein », il sourit et continue… « Est-ce que vous comprenez ce qui se passe… cette année, ça ne va pas ! » a confié Honoré gérant de Bar.
Une foire devenue sortie scolaire ?
Cette forte présence des élèves n’est pas nouvelle, mais elle semble atteindre un pic en 2025.
« L’édition anniversaire de la FIL est en train de devenir une foire aux établissements scolaires », glisse un exposant, ironique.
Plusieurs acteurs estiment que, si les statistiques de fréquentation étaient rendues publiques, elles montreraient clairement que les groupes scolaires sont désormais plus nombreux que les visiteurs individuels ou les familles.
Un besoin de rééquilibrage
Si la présence des élèves participe à l’animation et à l’ambiance festive, elle interroge néanmoins le modèle économique de l’événement. Les exposants, qui ont investi dans la location de stands, l’achat de stocks et la logistique, comptent sur les ventes pour amortir leurs charges.
« On ne peut pas porter tous les fardeaux de la foire pendant que ceux qui viennent profiter du site n’apportent rien à l’économie de l’événement », estime une vendeuse de Foufou bar toujours à la sortie Est du pavillon Agou.

Plusieurs exposants appellent ainsi la direction du CETEF à revoir la politique d’accès des groupes scolaires : contrôle renforcé, limitation des pique-niques, incitation à consommer sur place, autant de pistes évoquées en marge de la foire.
Nous y reviendrons !
